Si le Concert de Sweet Micky à Montréal Avait eu Lieu ? par Jean Willer Marius

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Si le Concert de Sweet Micky à Montréal Avait eu Lieu ? par Jean Willer Marius

L’annonce du spectacle de ti simone à Montréal a soulevé une vague d’indignation dans la communauté haïtienne locale, après l’improvisation de son obscur carnaval-otage dans la ville des Cayes…, début mars, en Haïti [où il a surgi avec sa meute de ‹‹bandits légaux›› armés aux enfers, attaquant avec virulence d’honnêtes citoyens festifs, sous l’applaudissement d’officiels (gouvernement et élus locaux)]. Des lettres de protestations à la mobilisation d’organismes anti-misogyne auraient finalement voué les autorités canadiennes à se décider à épargner cet affront de trop, au peuple le plus malheureux de la terre (récent rapport de l’ONU sur les pays les plus heureux dans le monde, Haïti y est classé 147e/156 tandis que le voisin immédiat accueille en trophée la 77e marche du podium du bien-être). Devrait-on alors accorder un trophée (méritas) à ceux qui ont ici pris leur courage à deux mains à Montréal, pour demander que cesse l’indécence (malgré l’incisif Frédéric Boisrond) ?

Et, du même coup, dénoncer miner cette précampagne au rapt à peine déguisée des prochaines élections présidentielles dans l’ile, côté ouest ?

Si le concert avait eu lieu comme prévu, y aurait-il eu ce déferlement de propos obscènes contre la femme ? Ou, contre l’adversaire politique ? Ce, destiné à ternir l’image d’une nation ? Laquelle nation dit-on, souffre déjà d’avoir dans ses annales cet asocial comme ex-président se déplaçant en cortège de garde présidentielle, mieux protégé que le président en fonction. Arrogance exacerbée qui rabaisserait tous ceux-là qui s’opposent à son projet de 25 ans de pouvoir en Haïti ? Avec en fond, des Haïtiens concernés qui manifesteraient dans les rues contre la bêtise, même outremer (tenant compte de potentielle marchandisation des propos de F Boisrond) ?

Ce serait un concert payé, d’ailleurs le billet était déjà en ébullition. Donc le gars serait reparti avec un bon pactole. Et le fisc canadien dans tout ça ? En rétrospection, le fisc américain aussi ? Et, l’UDA (Montréal) ?

Pourrait-il atterrir librement sur le sol de la Reine, c’est le terme approprié au Canada, faire recette, repartir sans payer au fisc ? Ah, oui, il y a des Haïtiens contributeurs dont l’intérêt est tout aussi canadien, en ce sens.

Serait-ce ainsi donc lors de ses précédentes prestations : une exonération fiscale canadienne ?

Quelle place ont joué les associations culturelles québécoises dans cette manifestation politico artistique ?

Beaucoup de questions qui méritent d’être élucidées tout comme le dossier du vol sans analogie dans le monde, de l’argent petrocaribe dans lequel non moins de G4$US auraient été dilapidés. Dont les deux tiers sous la présidence de M Martelly. Les vains efforts de justification de dépenses constituent un irrespect à l’égard d’un peuple famélique qui doit composer avec un taux de chômage élevé doublé d’un taux d’inflation qui avoisine lui-même les 17%, d’après les données de l’IHSI, en février 2019, et qui réclame rien qu’un peu de mieux-être.

Qui a le droit de spéculer sur la nature des sentiments qui secouent les fibres d’un peuple qui doit assister, impuissant à l’étalement de l’arrogance des voleurs de son bonheur ? De son droit à la vie ?


Quel espoir pour un peuple qui manifeste en chantant sa misère dans une triste valse dont les partitions sont écrites de notes macabres avilissantes humiliantes ? Et, quelle horreur de se sentir largué par ceux-là même sur qui il comptait pour l’aider à desserrer l’étau de la misère autour de son cou ? F Boisrond vend ou dénonce-t-il ?

Cette victoire sur l’arbitraire, sur l’indécence, si c’en est une, devrait-on alors la percevoir comme fer de lance pour briser le bas-empire sweet miky en arrêtant son char de la honte partout où il passe ?

La critique poursuivrait évidemment ainsi : et mettre le maitre chanteur-pillard en pension au pénitencier ?

Les espoirs résonneraient-ils en échos : après restitution de fonds détournés au pays, ou dus ailleurs, après la saisie de biens mal acquis ? Le Fisc canadien, Rue Gosford, la SAQ devraient rendre public l’état des lieux.

Est-ce alors là un signal clair qui serait envoyé à ti simone ? Par extension, au secteur privé et à ti nicolas, qu’Haïti passe aux choses sérieuses ? Le Fisc serait bien plus fort que Frédéric Boisrond simple vendeur de….

Si je comprends bien d’après les normes sociales admises apprises, c’est aux geôles que se trouve la place d’un pirate, non pas au palais. Et quand tout cela se serait accompli, je verrais volontiers une p’tite vidéo made in pénitencier national où le chanteur-putride pourrait amuser les autres détenus en enfer.

Si vous doutez encore, regarder où nous en sommes depuis qu‘un réseau aurait lancé le slogan : Arete miky vin banm kou, kanpe cha miky vin banm kou, arete roro vin n banm kou. Si le spectacle avait lieu, le Fisc aurait….


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 27 mars 2019, et se trouve à P.15 : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2019/03/H-O-27-march-2019.pdf