Coup d’œil sur certains géants de la musique haïtienne par louis Carl Saint Jean

print

Coup d’œil sur certains géants de la musique haïtienne par louis Carl Saint Jean

Le professeur et historien Michel Soukar est sans conteste une des grandes figures intellectuelles haïtiennes. Je viens d’écouter douze minutes d’une magnifique entrevue qu’il a accordée vendredi dernier à un journaliste de notre pays qui a retenu toute mon attention. Comme toujours, en peu de temps, il a prouvé sa vaste connaissance des affaires du pays. Je suis toutefois en complet désaccord avec lui sur certains points qu’il a évoqués sur le grand maestro et mécène Issa El Saiëh. Sans vouloir m’engager dans une polémique gratuite avec M. Soukar dont je respecte énormément l’esprit et les travaux, je crois utile de mettre les points sur certains «i», au nom de la vérité historique et au bénéfice de la jeunesse de notre pays.

J’ai été particulièrement enchanté quand le professeur Soukar a parlé en de si bons termes de Dumarsais Estimé, mon idole après Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines. Et Jacques Stephen Alexis et Jacques Roumain dans un autre registre. J’ai toujours dit que tous les autres présidents haïtiens qui se sont succédé de la chute d’Estimé le 10 mai 1950 à nos jours n’ont pas fait la moitié du quart de ce que l’honorable natif des Verrettes a réalisé en 45 mois de gestion.

Je viens, maintenant, point par point, aux déclarations du professeur sur Issa El Saiëh.

Soukar a déclaré en premier lieu : «Issa El Saiëh est le big boss de la musique haïtienne contemporaine.» Je ne peux rien dire là-dessus, car c’est son opinion. Il voit en lui «le big boss» comme d’autres peuvent voir un autre. Cela n’a pas d’importance. Moi, je considère Issa El Saiëh comme l’un des «big boss» de la musique haïtienne contemporaine, mais pas comme «le big boss». L’article défini «le», selon moi, est un peu fort. Il suggère qu’Issa était l’unique et seul grand monsieur de notre musique. Ce qui est loin d’être la vérité, si nous nous laissons guider par l’histoire de notre musique populaire.

Évidemment, j’admets qu’Issa avait beaucoup travaillé pour l’épanouissement de la musique populaire haïtienne. Et je l’avais souligné dans un long article que j’avais écrit sur lui à l’occasion de son décès en février 2005. (« Issa El Saiëh est décédé – Un colosse est tombé», Haïti-Observateur, février 2005). J’aime beaucoup Issa et j’ai fait beaucoup de recherches sur lui. Je n’ai, donc, pas à prouver mon admiration pour cet homme. Je pense que nous tous qui aimons la musique et la peinture haïtiennes devons au moins une fière chandelle à Issa El Saiëh.

En deuxième lieu, M. Soukar a affirmé: «Sans Issa El Saiëh, la musique haïtienne n’aurait pas été ce qu’elle est». Je ne partage pas cet avis, pour deux raisons. D’abord, tout esprit lucide admettra avec moi que la musique populaire haïtienne d’aujourd’hui est –malheureusement – loin du rêve et du désir d’Issa El Saiëh. Selon moi, les ensembles musicaux n’ont pas suivi la voie du «big band» ni ne se sont pas donné la peine d’aller puiser dans notre folklore, qui est le savoir, la pensée du peuple. Ils ont peut-être oublié ce qu’Émile Nau avait écrit dans L’Histoire des Caciques : «Laisser périra pensée d’un peuple, ce qu’il y a de plus impérissable, est un crime plus barbare encore que de détruire jusqu’au dernier rejeton de ce peuple.» Par «pensée», ce grand lettré du «Cénacle de 1836» entendait tout simplement le folklore, la culture du peuple, ses productions littéraires, scientifiques et artistiques.

En fait, il revient effectivement à Issa El Saiëh l’honneur d’avoir introduit chez nous le concept du «big band», suivant le modèle des grands orchestres américains tels que le Count Basie Orchestra, le Glenn Miller Orchestra, etc. En ce sens, nous avons une grande dette envers Issa El Saiëh. Ses moyens économiques lui avaient permis de mettre sur pied un orchestre qui restera une référence dans notre musique.

Certainement Issa El Saiëh avait dépensé ses propres fonds pour monter et faire fonctionner son orchestre. Cependant, il n’a pas été le seul à œuvrer pour l’avancement de la musique haïtienne. Bien avant lui, le grand musicien et compositeur François Alexis Guignard (dit Père Guignard) avait beaucoup travaillé pour qu’en 2020 la musique haïtienne se trouve sur une bonne pente. Pas à ce bas niveau! Malheureusement, au point de vue économique, les choses n’avaient jamais bien marché pour Père Guignard, une de nos gloires musicales. Donc, il n’avait pu faire certaines choses à l’instar d’un musicien économiquement fortuné comme Issa El Saëh.

Évidemment, M. Soukar n’a pas dit qu’Issa El Saiëh était le seul à vouloir donner une place plus honorable à notre musique, mais je pense qu’il a un peu exagéré en déclarant : «Sans Issa El Saiëh, la musique haïtienne n’aurait pas été ce qu’elle est». Quand il dit «sans Issa», sans le vouloir, il sous-estime la contribution de géants tels que : Antalcidas Murat, Michel Desgrottes, Guy Durosier, Racine Vassor, Gérard Dupervil, Raoul Guillaume, Alfred Moïse, Nono Lamy, Murat Pierre, Hulric Pierre-Louis, Félix Guignard, Edner Guignard, Destinoble Barrateau, Nelson Darico, William Dorcely et d’autres qui furent de loin, et de très loin, de plus grands musiciens qu’Issa El Saiëh et qui avaient travaillé autant – voire davantage – qu’Issa El Saiëh ? Tout mon problème est le «sans Issa». Il s’agit d’être tout simplement juste et équitable.

Et puis, on ne doit jamais …jamais… jamais…oublier le nom d’Augustin Bruno. Selon moi, c’est l’un de nos musiciens qui mérite l’estime de tous les Haïtiens qui s’intéressent encore à la bonne musique de leur pays. Augustin Bruno, manchot depuis 1938, gagnant un maigre salaire, a formé au moins 40% de tous les musiciens qui ont évolué dans nos ensembles musicaux de dan- se de 1950 à 1970 et au moins 80% des exécutants de toutes les fanfares militaires du pays (La Musique du Palais, la Fanfare Militaire du Département du Nord, celle des Gonaïves, des Cayes, etc.) de 1940 à 1970. Ce n’est pas une opinion. C’est un fait! Si notre pays était dirigé par des gens qui avaient une connaissance même élémentaire de l’histoire de notre musique, ils auraient baptisé du nom d’Augustin Bru- no au moins une école de musique.

Et puis, nous avons trop tendance à réduire la musique haïtienne à celle qui est exclusivement jouée dans « La République de Port-au-Prince ».Tandis que l’Orchestre Issa El Saiëh, le Jazz des Jeunes et d’autres faisaient la pluie et le beau temps à la capitale, on doit se rappeler que, tant mieux que mal, l’Orchestre Septentrional, avec les moyens du bord, grâce aux Hulric Pierre-Louis, Jean Menuau, Rigaud Fidèle et d’autres, jouait de la bonne musique. Le Jazz capois, sous la direction de Claudin Toussaint (dit Vieux Tonton), tant mieux que mal, existait et faisait la joie des gens du Nord. On ne doit pas non plus étouffer les efforts gigantesques déployés par l’inoubliable maestro cayen Destinoble Barrateau pour l’avancement de notre musique dans la métropole du Sud.

En troisième lieu, le professeur a dit : «Tout Nèg ki make mizik ayisièn nan soti nan moul Issa El Saiëh». (Tous les musiciens qui ont marqué la musique haïtienne sont sortis du moule d’Issa El Saiëh). Et il a donné comme exemple : Webert Sicot, Nemours Jean-Baptiste, Antalcidas Murat, Guy Durosier et Raoul Guillaume. Je pense que M. Soukar s’est trompé, comme c’est le cas pour tout un chacun. Je prends ces musiciens l’un après l’autre.

Le génial Webert Sicot est sorti du moule du grand maître Augustin Bruno. Comme son frère Raymond, un virtuose de la trompette, Webert Sicot, le seigneur du saxophone haïtien, a étudié la musique à La Maison Centrale des Arts et Métiers. Il a eu pour maître Augustin Bruno. Webert Sicot n’a jamais fait partie de l’entourage musical d’Issa El Saiëh. L’immortel «maestro difficile» est sorti du moule d’Augustin Bruno. Pas celui d’Issa El Saiëh !

Nemours Jean-Baptiste, comme son frère Montfort Jean-Baptiste et le grand Dormelas Philippe, a fait ses débuts dans la musique au Bel Air sous la direction d’Alexis François Guignard. Nemours n’a jamais fait partie non plus de l’entourage musical d’Issa El Saiëh. Évidemment, ce dernier l’avait aidé financièrement à monter le groupe Atomique Junior après avoir été remercié de l’Orchestre Atomique. Nemours Jean-Baptiste est sorti du moule de Père Guignard. Pas de celui d’Issa El Saiëh.

Maître Antalcidas Oréus Murat, musicien de grande classe, excellent compositeur, orchestrateur hors pair ne saurait être sorti du moule d’Issa El Saiëh. Bien au contraire, l’auteur de Sur les rives de l’Artibonite a été le premier orchestrateur de l’Orchestre Issa El Saiëh, fondé en été 1943. C’est Antal qui, de 1943 à la première dislocation de cet orchestre en 1946 (peu après l’arrivée au pouvoir d’Estimé), faisait l’arrange- ment de TOUS les morceaux de l’Orchestre Issa El Saiëh.

Issa El Saiëh et son frère Elias Noustas avaient quitté le pays en octobre ou novembre 1946. Le maestro retourne au pays vers le milieu de 1947 et remet sur pied son orchestre. Il demande alors à Antalcidas Murat de reprendre son poste. Le génie musical des Gonaïves n’a pas répondu à son appel, ayant déjà intégré le Jazz des Jeunes.

C’est à ce moment qu’Issa a fait appel au grand pianiste et arrangeur cubain Bebo Valdés, qui dirigeait un grand orchestre au club Tropicana à La Havane. Bebo rentrera en Haïti en octobre 1947 et sera le pianiste et l’arrangeur musical de l’Orchestre Issa El Saiëh, nouvellement remis sur pied. Bebo Valdes quitta le pays, je crois, en mars 1948. Alors, Issa se tourna vers d’autres musiciens étrangers tels que Budd Johnson et Bobby Hicks pour ses arrangements. Donc, clairement, Antalcidas Murat n’a jamais été dans le moule d’Issa El Saiëh. À Dieu ne plaise !

Guy Durosier, Raoul Guillaume, Roland Guillaume, Nono Lamy et Serge Lebon, anciens membres de l’Orchestre Issa El Saiëh, sont sortis du moule du Frère Marie Léon, à l’Institution Saint Louis de Gonzague. Certainement, Raoul Guillaume et Guy Durosier avaient intégré l’Orchestre Issa El Saiëh tandis qu’ils étaient encore adolescents (entre 17 et 18 ans), mais cela ne veut pas dire qu’ils étaient sortis du moule d’Issa. Ils n’ont jamais étudié la musique sous la direction de celui-ci. Dieu merci, Raoul Guillaume est encore vivant et bien lucide, il peut facilement clarifier les choses. En dernier lieu, M. Soukar a dit: «Issa a décidé d’aller dans le folklore du pays pour créer une musique haïtienne… C’est pourquoi je l’appelle le Jean Price Mars de la musique haïtienne. Issa a fait ce que Jean Price Mars a prôné Ainsi Parla l’Oncle.» Voyons cela de plus près.

D’abord, Issa El Saiëh n’a jamais créé une musique haïtienne. Certainement, ayant beaucoup aimé le folklore d’Haïti, il avait mis beaucoup de pièces folkloriques haïtiennes et vodouesques dans le répertoire de son orchestre. Certes, c’était une bien louable décision, mais cela ne signifie pas qu’il n’avait pas «créé une musique haïtienne.» Sur ce point également, Issa avait beaucoup de mérite. Car, affranchi mentalement, il n’avait pas méprisé notre folklore jusqu’à avilir notre musique comme l’ont fait plusieurs de nos musiciens issus du peuple. Cette raison, à mon sens, est insuffisante pour le faire passer pour «Le Jean Price Mars de la musique haïtienne» ou pour le musicien qui «avait fait ce que Jean Price Mars a prôné dans Ainsi Parla l’Oncle».

Les faits et l’œuvre de beaucoup d’autres musiciens haïtiens nous permettent de croire qu’ils méritent ce titre exceptionnel beaucoup plus qu’Issa El Saiëh. Ce n’est pas mon opinion, car je peux faire appel aux faits. Peut nous rendre justice l’œuvre authentique de musiciens et compositeurs tels que Occilius Jeanty (dit Occide Jeanty), Anton W. Jaegerhuber, Theramène Ménès, Antalcidas Murat, Lina Mathon Blanchet… Ce sont ces musiciens qui, nous basant sur leur vaste héritage, méritent mieux le titre combien flatteur du «Jean Price Mars de la musique haïtienne».

Et, hommage à la vérité, Occide Jeanty avait pénétré dans notre folklore bien avant la publication, en 1928, d’Ainsi Parla l’Oncle. Notre illustre compositeur national l’avait fait dans ses zizipans et dans d’autres genres de notre merveilleux folklore.

Ludovic Lamothe et surtout Justin Elie, deux de nos meilleurs pianistes et compositeurs, eux aussi, avaient compris notre folklore et l’avaient adopté. «Loco» et «Sobo», deux joyaux, ont bien prouvé l’âme profondément haïtienne de Lamothe. Quant à Justin Elie, on lui doit des pièces telles que «Chant des hounsis», «Fantaisie tropicale», «Hymne à Legba», sans compter l’orchestration de morceaux de notre enfance tels que «Ti zwazo», «Zonbi bann mannan wi wa, kenbe ti poulèt» et d’autres. Nous pouvons facilement comprendre la raison pour laquelle plus d’un le met dans la galerie de nos plus authentiques compositeurs.

Quand il s’agit des idées de Jean Price Mars, on ne doit pas non plus oublier des artistes authentiques tels que Lina Ma- thon Blanchet, Frantz Casséus, Lumane Casimir, Raymond Baillergeau (dit Ti Roro), Rodolphe «Dòdòf» Legros, Michel Déjean, Férère Laguerre de la Troupe Simidor, Fernand Placide des Cayes, Odette Wiener de la Troupe Bacoulou, etc. Quand on parle des idées de Jean Price Mars, que doit-on dire des grands hommes et des grandes dames de la Troupe Flolklorique Nationale: les Jean Léon Destiné, André Narcisse, Mérancia Renaud, Louinès Louinis, etc.

Je peux bien errer, selon moi, de tous les musiciens haïtiens, j’aurais donné le titre de « Jean Price Mars de la musique haïtienne » seulement à Anton Jaegerhuber et à Antalcidas Murat. Ces deux musiciens ont vraiment fait honneur au folklore national. Ce n’est pas une opinion. C’est un fait! Il s’agit d’être tout simplement une fois de plus juste et équitable.

Pour ce qui est d’un ensemble musical haïtien qui se serait résolument situé dans le doux courant indigéniste et qui aurait suivi presque à la lettre les idées que le Dr Jean Price Mars avaient véhiculées à travers Ainsi parla l’Oncle, les écrits de Léon Laleau dans Le Choc ou ceux de Stephen Alexis dans Le Nègre masqué, publiés respectivement en 1932 et 1933; qui aurait humé le souffle d’un Roussan Camille, d’un Regnor C. Bernard, d’un Carl Brouard, d’un René Dépestre, d’un Jean Brierre et j’en passe, il s’agit bel et bien du Jazz des Jeunes! Sauf miracle, du train dont vont les choses, il sera très difficile, pour ne pas dire impossible, pour que notre terre sacrée d’Haïti produise un autre ensemble musical aussi authentique, aussi haïtien et aussi nègre comme le Jazz des Jeunes.

J’ai toujours défini le Jazz des Jeunes comme l’École Indigéniste mise en musique. Le Jazz des Jeunes est la cathédrale musicale haïtienne. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à écouter des pièces classiques telles que Sur les rives de l’Artibonite, Fleur de mai, Panyen, Comme jadis, Feray, Lonnen, Madan marye, Bwè gwòg chèlbè et d’autres.

On doit la composition musicale de beaucoup de ces merveilles haïtiennes citées et l’orchestration de chacune d’elles à Monsieur Antalcidas Oréus Murat, un Haïtien authentique, un éminent folkloriste né, comme Jacques Stephen Alexis, à la Cité de l’Indépendance, sur les rives de l’Artibonite. Ce n’est pas une mince affaire ! En ce sens, Antalcidas Oréus Murat est l’un des rares héritiers du Dr Jean Price Mars et de tous les autres grands Haïtiens qui nous ont toujours encouragé à toiser de haut résolument le «bovarysme culturel» et d’embrasser plutôt fièrement nos origines, nos racines et nos traditions africaines.

En dernier lieu ― cela n’a rien à voir avec l’intervention du professeur Soukar ―, je dois dire que, comme tous ceux qui con- naissent la passion de cet homme pour la musique et la peinture nationales, l’affaire de la maison d’Issa El Saiëh m’a également tourmenté. Cependant, je dois avouer que je me sens encore plus alarmé et révolté de ce qu’est devenue, à Marchand-Dessalines, la maison de l’immortel empereur Jean-Jacques Dessalines, le fondateur de notre nation. Qui peut dire où se trouvent le tombeau de Dessalines, celui de Défilée, de Charlotin Marcadieu, de Boisrond Tonnerre et celui des autres héros de 1804?

Qui a jamais demandé où se trouvait la maison d’Augustin Bruno, de Lumane Casimir, d’Alexis François Guignard, de Lina Mathon Blanchet, d’Antalcidas Murat, de Raymond Baillergeau, de Guy Durosier, de Gérard Dupervil, de Michel Desgrottes, de Mérancia Renaud, du capitaine Luc Jean-Baptiste, de Clément Benoit, de Charles Paul Ménard, de Murat Pierre, de Théophile «Zo» Salnave et d’autres grands hommes et héroïques femmes qui avaient travaillé presque gratuitement pour l’avancement de l’art haïtien? Pensez-y!

Une fois de plus, je reconnais la valeur du grand maestro Issa El Saiëh qui avait vu le jour à Petit-Goâve, la Cité de Faustin Soulouque, le 22 février 1919. S’il avait vécu, ce grand mécène, ce fol amoureux de l’art de notre pays, aurait donc eu 101 ans aujourd’hui. Comme tous les géants de la musique haïtienne, il a droit, selon moi, à notre plus grande admiration. L. C.S.J. louiscarlsj@yahoo.com 22 février 2020


Cet article est publié en collaboration spéciale avec Réseau HEM Geneva, et l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 4 mars 2020 VOL. L, No.8  New York, et se trouve en P. 4, 12 à : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2020/03/H-O-4-March-2020.pdf