le COVID-19 toujours à la une : la barre de 10 000 morts franchie aux E.U. par Pierre Quiroule II

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NOUVELLES BRĒVES

  • le COVID-19 toujours à la une : la barre de 10 000 morts franchie aux E.U. par Pierre Quiroule II
  • LE PREMIER MINISTRE BRITANNIQUE BORIS JOHNSON SOUS SOINS INTENSIFS; BONNE NOUVELLE POUR D’AUTRES

Les États-Unis retiennent l’attention de tout le monde en devenant le pays ayant beaucoup plus de cas confirmés du coronavirus, ou COVID-19, tout en franchissant la barre de 10 000 morts, tandis que les experts en la matière prévoient que ces deux semaines seront pires. “Restez chez vous”, est devenu comme un ordre à ne pas désobéir, si ce n’est pas de stricte nécessité.

En effet, jusqu’au mardi, 7 avril, les chiffres avancés par l’école d’ingénierie Whiting de l’Université Johns Hopkins à Baltimore, dans le Maryland, donnent plus d’un million de cas confirmés d’infection du COVID-19, de par le monde, soit exactement 1 407 123, dont 80 759 sont morts. Mais ces chiffres sont temporaires, parce que les données changent d’heure en heure, comme si les casses voudraient se multiplier. C’est aux États-Unis, cependant, que la maladie se déchaîne, avec 383 000 cas confirmés et 12 021 morts, tandis que 20 003 sont récupérés. Dans l’état de New York le nombre de morts se chiffre à 5 489 sur un total de 138 000 infectés. C’est vraiment navrant ce qui se passe dans l’état de New York, où 731 personnes sont décédées, dans les 24 heures, entre lundi et mardi, a laissé entendre le gouverneur Andrew Cuomo, sous le coup de l’émotion.

Toutefois, il y a une lueur d’espoir, dit-il, parce que le nombre d’infectés est à la baisse. Il continue d’insister qu’il faut se distancier des autres, car la bonne nouvelle de cette baisse est due, surtout, aux gens qui ont gardé la maison en grand nombre ainsi qu’aux autres qui ont suivi les protocoles établis, c’est à dire porter des masques, se munir de gants en plastique et garder une distance de plus d’un mètre quand on est au dehors.

Cependant, c’est à la ville de New York où se trouve l’épicentre du fléau, car elle compte pour plus de la moitié décès enregistrés dans tout l’état, soit 2 475 sur 67 820 d’infectés. Mais ces chiffres sont, sans doute, dépassés, car ne tenant pas compte du nombre de décès dans les 5 communes de New York par rapport aux 731 individus qui ont expiré dans les 24 heures, tel que mentionné ci-dessus. La situation de la ville est tellement critique qu’au cours d’un point de presse, lundi, le maire Bill de Blasio a fait comprendre qu’il faudra bientôt enterrer des morts dans des terrains publics, puis faire un rapport aux familles après coup. Il a ajouté que le lieu retenu historiquement à cette fin est l’île Hart, à l’entrée de l’océan.

Outre ce qui se passe aux États-Unis, l’Angleterre a aussi retenu l’attention quand, dimanche, 5 avril, a été annoncé que le Premier ministre Boris Johnson, 55 ans, a été transféré aux soins d’urgence, dès qu’il a été interné à l’hôpital. Car, depuis 10 jours qu’il avait été en quarantaine chez lui, la fièvre n’avait pas baissé d’une maille. Jusqu’alors, on disait que le Premier ministre vaquait toujours à son travail – à distance. Mais lundi soir, c’est le ministre des Affaires étrangères qui, dès lors, prenait la relève temporairement.

On notera aussi que le Prince Charles, héritier présomptif, souffre aussi du COVID-19. Ainsi, de voir la reine d’Angleterre s’adresser à la nation, dimanche, pour réconforter les citoyens fut une vraie surprise. D’ordinaire, son adresse au peuple anglais est une affaire annuelle, toujours à la fin de l’année. Non, ce n’est pas encore la fin, mais à 12:32 pm hier, mardi, l’Angleterre enregistrait 6 159 morts et 55 000 infectés.

Dorénavant, ce sont les États-Unis et les plus grands pays de l’Europe qui occupent les premières places des pays infectés du COVID-19 : États-Unis, 379 965; Espagne, 140 511;Italie, 135 586; Allemagne, 105 604, et la France, 78 000.

On pourrait dire qu’il est dérisoire de faire mention de la République dominicaine en la circonstance. Il est, toutefois, significatif de signaler que le voisin limitrophe d’Haïti est de la ligue des pays ayant dépassé le millier d’infectés, Selon les données de l’ambassade américaine dans ce pays, au 6 avril, 86 décès ont été enregistrés officiellement sur un total de 1 828 infectés. Pourtant, en Haïti, le ministère de la Santé a déclaré que maintenait, jusqu’au lundi, il n’y avait que 24 cas de COVID-19 confirmés au pays et une seule mortalité qui en est résultée.

Pour ceux qui s’interrogent sur ce fait, ils n’ont qu’à comparer les plus d’un million de touristes par an à visiter la République voisine aux quelque 30 000 à 40 000 à faire le déplacement en Haï, même en comptant les touristes dits locaux, ceux de la diaspora haïtienne, surtout venant de l’Amérique du nord (E.U et Canada). Car, le COVID-19 s’importe d’abord avant de devenir transmissible localement.

S’agissant de l’importation du virus meurtrier du nouveau siècle, les autorités américaines chargées du dossier de l’immigration, opérant sous le sigle ICE, maintiennent la pratique de déporter des sujets haïtiens jugés indésirables, parfois des prisonniers qui ont purgé leur peine. Peu importe qu’ils soient infectés du coronavirus ou non.

En tout cas, cette même Jacqueline Charles a révélé, tard la veille (mardi soir 7 avril) que le passager infecté du virus mortel a été sorti du vol au moment où l’avion s’apprêtait à décoller à destination de Port-au-Prince, Haïti.

C’est ainsi que lundi soir, après 9 heures, la journaliste vedette de Miami Herald, Jacqueline Charles, a publié un article percutant, sonnant l’alarme sur ce qui allait se passer hier (mardi) concernant un groupe de 14 ressortissants haïtiens qui devaient être déportés ce jour même. Il est à signaler qu’au moins un d’entre eux est porteur du virus. Les avocats des Haïtiens, ainsi que des législateurs américains et des défenseurs des droits humains se sont mobilisés pour porter l’affaire par-devant le gouvernement, à Washington. Un éditorial paru mardi matin dans le Miami Herald accuse de «cruauté» une pareille démarche de ICE et demande au gouvernement de surseoir à cette déportation ainsi qu’aux autres déjà planifiées tout le temps qu’aura duré la crise.

L’éditorialiste s’est évertué à dire que le président Jovenel Moïse pourrait intervenir auprès de ses «amis» de Washington pour leur demander de ménager le pays à ce tournant difficile, surtout qu’il avait tourné le dos à Nicolas Maduro du Venezuela pour plaire à Washington. On ne pourrait dire mieux. Cependant, on notera que c’est Jovenel Moïse lui-même qui avait autorisé l’atterrissage du vol spécial qui devait introduire en Haïti plus de vecteurs de COVID-19. C’est à ne rien comprendre.

*De bonnes nouvelles qu’on ne saurait passer sous silence.

Dans cette colonne, nous avions annoncé que l’épouse du Premier ministre canadien, Sophie Grégoire Trudeau, revenue de Londres tôt le mois dernier, avait succombé au coronavirus. Eh bien, elle est complètement récupérée, a annoncé Ottawa, la semaine dernière.

Complètement récupéré aussi, est le jeune chanteur haïtien Roudy Roudboy, qui était revenu de France, le mois dernier où, apparemment, il avait attrapé le virus mortel. Aux autres qui, comme ces deux, ont été épargnés du pire, nous leur disons bonne chance et condoléances aux familles éplorées.

  • Pierre Quiroule II, 8 avril 2020

cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, VOL. L No.13 New-York, édition du 8 avril 2020 et se trouve en P.16, à : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2020/04/H-O-8-avril-2020.pdf