COVID-19 : Brésil en concurrence globalement; les États-Unis traversent la barre des 100 mille morts

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NOUVELLES BRÈVESL par Pierre Quiroule II

  • COVID-19 : Brésil en concurrence globalement; les États-Unis traversent la barre des 100 mille morts

L’Amérique du sud est le nouvel épicentre de la COVID-19, a dit Mike Ryan, secrétaire exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vendredi dernier, 22 mai, au cours d’une conférence de presse à Genève, Suisse, siège social de l’organisation mondiale, pointant à la fois le Brésil comme le nouveau foyer à redouter.

En effet, le lundi 25 mai, le géant sud-américain a détrôné les États-Unis, annonçant, ce jour-là, que sur une période de 24 heures, 807 décès, dus à la COVID-19, ont été enregistrés, alors que pour la même période, on comptait 620 mortalités aux E.U., pays en tête de liste globalement pour ce qui s’agit de cas positifs et de décès attribués au virus mortel. On notera qu’au mardi, hier 26 mai, le nombre de gens testés positifs au Coronavirus, au Brésil, était de 374 898 et les décès se chiffraient à 23 473.

Entre-temps, aux États-Unis, on aura fait histoire, en lisant ces lignes, car le pays aura, assurément, traversé la barre des 100 000 morts. Car, selon les statistiques de l’OMS, hier, mardi, 26 mai, concernant les E.U., l’organisme mondial donnait 99 886 décès pour un total de plus d’un million et demi, soit exactement 1 707 603 cas positifs sur une population de 330 820 732.

Revenant aux chiffres pour le Brésil, il ne fait pas de doute que le géant sud-américain, dont la population est de 213, 863 000, entre en compétition avec les grands pays d’Europe, dépassant la Russie, 145 928 315 habitants, en troisième position maintenant, en terme de nombre de cas positifs de la COVID-19, soit 362 342, bien que le nombre de décès se chiffrent seulement à 3 807, reflétant le déferlement un peu en retard du virus mortel en Russie.

Quant au nombre de décès enregistrés en Europe, l’Angleterre occupe le premier rang parmi les pays du vieux continent, soit 37 049, suivi de l’Italie, 32 955, et de l’Espagne, 27 117. Ce qui indique que le Brésil traîne toujours en termes de décès, reflétant, comme en Russie, l’atterrissage en retard de COVID-19 dans les pays du cône sud-américain.

Pour ce qui s’agit du nombre de cas positifs dans les trois pays européens mentionnés ci-dessus, outre la Russie, l’Espagne occupe le premier rang avec 283 339 cas, l’Angleterre, 265 227 et l’Italie, 230 555. Continuant le schéma utilisé dès le début de nos reportages sur la COVID-19, il faut mentionner l’Allemagne où le nombre de cas positifs est à 181 288 et 8 498 décès; et la France, en dernier lieu, avec 145 555 cas positifs, mais enregistrant un nombre élevé de décès, soit 28 530. On soulignera que l’Allemagne et la France ont enregistré le plus grand nombre de malades à recouvrer leur santé, soit 163 681 et 65 879 respectivement.

Jair Bolsonaro

Quant au Brésil, la nouvelle vedette dans la maudite arène de la COVID-19, l’administration Trump a vite fait de mettre cet allié à l’index, interdisant, dès le mardi 26 mai, l’entrée aux États-Unis de ressortissants brésiliens, jusqu’à nouvel ordre. Toutefois, les échanges commerciaux ne seront pas affectés. Vraiment, la COVID-19 change tout dans les relations. Le 7 mars dernier, le président brésilien, Jair Bolsonaro, se trouvait en tête-à-tête, à Mar-a-Largo, en Floride, avec le président Donald Trump, qui le considère un allié idéologique.

D’ailleurs, c’est suite à ce voyage que le secrétaire de presse du président brésilien, Fabio Wajngarten, a été diagnostiqué positif du coronavirus. Ce qui avait porté des officiels de Miami à se mettre en quarantaine pour 14 jours, parce qu’ayant côtoyé le Brésilien lors de son passage dans la métropole floridienne. Ce n’est pas le président Trump qui se laissera intimider pour se mettre aussi en quarantaine et suivre les protocoles établis pour se prémunir contre l’infection de la COVID-19.

Au contraire, il s’est moqué de son rival, le candidat démocrate à la présidence, Joseph «Joe» Biden, en «retweetant» un tweet de la chaîne Fox avec la photo de ce dernier, masqué, lui et son épouse Jill, Lundi. C’était la première fois qu’on l’a vu s’aventurer au dehors depuis tantôt deux mois, allant déposer une gerbe de fleurs au «Pont Memorial de Wilmington» en ce jour, dit «Memorial Day», en mémoire et à l’honneur des vétérans morts et vivants.

Rétorquant, hier, mardi 26 mai, M. Biden devait dire : «Le président est un imbécile, un parfait imbécile ! » Dire que le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), agence gouvernementale chargée de la surveillance de la santé des citoyens, insiste que le port du masque est nécessaire comme pour combattre la propagation du coronavirus. Et la doctoresse Deborah Birx, membre de la commission présidentielle de gestion de la pandémie, s’est prononcée, encore dimanche dernier, 24 mai, lors d’une entrevue sur la chaîne ABC, au programme de George Stephanopoulos, disant que le port du masque et la distanciation sont obligatoires pour la protection de la population.

Revenons au Brésil pour clore ce récit. On se demande qu’elle est la nouvelle attitude de Jair Bolsonaro quant à la situation dont fait face le Brésil. Ne disait-il pas que la COVID-19 n’ était qu’un «simple cas d’influenza» et n’exigeait-il pas que le commerce opère sans relâche ? D’ailleurs, suite à une dispute l’opposant à son ministre de la Santé, le très populaire Luiz Henrique Mandetta, concernant les mesures à prendre, dont la distanciation, pour protéger la nation, ne l’avait-il pas révoqué le 16 avril dernier ? Histoire à suivre.

*La situation s’améliorant aux États-Unis, le week-end dernier on a vu des foules sur des plages, le président Trump jouant au golfe, mais les églises sont demeurées presque vides. Comment interpréter la réaction de différents secteurs quant au désir du chef d’État américain qui voudrait voir la reprise des activités sur toute la ligne pour permettre à l’économie de reprendre son essor ?

En effet, samedi dernier, 23 mai, le président Trump, en tenue de sportsman, a laissé la Maison-Blanche pour se rendre en Virginie, non loin de Washington, où on le photographiait au «Trump National Golf Club» jouant à son sport favori. C’était prêcher d’exemple, comme pour dire à ses concitoyens : «Tout est redevenu normal, sortez, amusez-vous ! »

En effet, on a vu nombre de gens s’aventurer sur des plages, surtout en Floride et en Californie, même dans l’état de New York, mais pas sur des plages de la ville. Dans des parcs, ici et là, des jeunes jouaient au ballon. Bien que des églises aient ouvert leurs portes, la plupart d’entre elles sont restées fermées, et il n’y avait pas d’attroupements dans les lieux saints. Dire que le président Trump avait demandé, depuis le vendredi, 22 mai, que toutes les églises soient ouvertes, car «l’Amérique a besoin de prière».

Comme si le principe énoncé par Martin Luther, au 16e siècle ― «La prêtrise de tous les croyants» ― ne tient pas toujours ! Oui, nous n’avons pas besoin de pasteur ou de prêtre pour prier pour nous. Nous pouvons nous adresser au Tout Puissant de n’importe quel endroit. Ainsi, même si les églises restent fermées, nous continuerons à prier, n’en déplaise à ceux qui voudraient, sous prétexte de leur loyauté au Très-Haut, exposer les gens au danger d’infection à la COVID-19 à leurs fins économiques.

Mike Ryan

*En toute dernière heure, on a appris, hier soir, mardi 26 mai, que le directeur général de la Police Nationale (PNH), Normil Rameau, et son chef de cabinet Frantz Sébastien Jean-Charles, seraient testés positifs à la COVID-19. La nouvelle a été émise par Vision 2000, à Port-au-Prince, qui a ajouté que les deux seraient en isolement pour le moment. H-O n’a pas pu confirmer l’information directement, mais Vision 2000 est réputée une source digne de foi.

*Outre la situation à la prison, dit «South Bay Correctional Facility», à Palm Beach County, en Floride, une situation similaire est à signaler au «Stewart Detention Center», en Georgie. Dans la section HAPPENINGS, en anglais, mention est fait d’une situation catastrophique au centre carcéral se trouvant dans le même comté où est située Mar-a-Lago, la résidence princière du président Trump. Très tard, hier soir, une source ayant des contacts au «Stewart Detention Center», à Lumpkin, en Georgie, nous a alerté sur une situation similaire à celle évoluant à la prison de Floride. Les prisonniers sont aux abois, parce que plusieurs des cuisiniers préposés à la préparation des mets des prisonniers sont tombés malades de la COVID-19 et ne sont plus sur place, créant une situation intenable. Il faut s’attendre à une émeute de la faim, si rien n’est fait dans les plus brefs délais.

*Deux cas de discrimination raciale à signaler, l’un causant la mort à un Noir à Milwaukee. C’est dans cette ville, de l’état de Minnesota, dans le Midwest amé ricain, que l’on a vu à la télévision, mardi soir, 26 mai, la vidéo démontrant la méchanceté des policiers. Des quatre policiers qui ont procédé à l’arrestation d’un Noir, l’un d’entre eux coinçait le jeune homme avec son genou sur son cou, bien qu’il soit menotté. On entendait la victime gémir, disant «I can’t breathe» (Je me peux pas respirer). Après dix minutes, ce fut un silence assourdissant.

Dire que des gens demandaient aux policiers de prendre son pouls tout au long du supplice pour savoir son état. Rien n’y fit. Comme tous les policiers étaient munis de caméra de travail obligatoire, toute la scène est enregistrée. Les autorités policières supérieures ont vite licencié les quatre policiers, car une manifestation spontanée faisait trembler la ville. Une enquête fédérale est déjà ouverte à ce sujet.

Ceci nous rappelle le cas d’Éric Garner qui, le 17 juillet 2014, subit le même traitement à Staten Island, une commune de la ville de New York. Il hurlait aussi: «I can’t breathe», mais le policier Daniel Pantaleo continuait à l’étouffer de son poids. Il n’y a pas eu d’inculpation, maïs le 19 août 2019, Pantaleo a été révoqué. Dans une entente hors tribunal, la famille d’Eric Garner aurait reçu USD 5.9 millions $ en compensation

 *Quid de cette dame, au Central Park de la ville de New York, ayant composé le 911, alerte urgente, contre un Noir qui la menaçait, disait-elle. Encore cela a fait le tour de la République étoilée hier, mardi 26 mai, quand on l’a vu à la télévision, son portable en main, et son chien auquel elle a, enfin, passé le collier. Dans sa complainte au 911, elle a effectivement dit que le Noir la menaçait. Pourtant, il n’avait fait que lui demander de restreindre son chien en lui attachant le collier obligatoire quand on se balade dans le parc.

En effet, Christian Cooper, qui visionnait des oiseaux dans son appareil longue-vue, a demandé à la dame, une Blanche, de restreindre son chien. Elle a répondu, «Je vais vous rapporter aussitôt». De fait, elle a composé le 911, tandis que M. Cooper l’enregistrait de son téléphone. La fin de l’histoire ? La dame ― tenez-vous bien —Amy Cooper, a été remerciée de ses patrons. Et Christian Cooper, aucune relation familiale, de dire qu’il « regrette une telle punition » pour l’incident. Tandis que Amy Cooper a présenté des excuses, disant qu’elle n’est pas raciste. Trop tard !

On reviendra sur cette question et bien d’autres pour démontrer qu’à l’ère trumpienne, le racisme fait une montée inquiétante aux États-Unis. Pierre Quiroule II, 27 mai 2020


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, VOL. L No.20 New York, édition du 27 mai 2020 et se trouve en P.16, 2 à : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2020/05/H-O-27-mai-2020.pdf