Les Américains ne sont pas les bienvenus en Europe : L’OTAN, une illusion désormais conjuguée à l’imparfait ?

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Les Américains ne sont pas les bienvenus en Europe : L’OTAN, une illusion désormais conjuguée à l’imparfait ? (Deuxième partie)

  • MONDE par Berg P Hyacinthe

The current momentum is clearly moving against America. The possibility of striking a miraculous deal with Latin America, despite the inescapable Guantanamo showdown, should not be ignored. However, by way of any such deal, the Russia-Ukraine lease dispute runs the risk of being translated into a major blow against NATO and U.S. interests in Europe (Hyacinthe 2009, p. 153).

Constitution et Armée de l’UE Les pactes bilatéraux [(UE, Nation.1); (UE, Nation.2) ; UE, Nation.3)], négociés uniquement en binômes, de manière anarchique, avec les nations hors de l’UE constituent un poison latent mais très nocif pour la santé de la collectivité européenne. Certes, les États membres de l’UE peuvent établir des conventions bilatérales et multilatérales entre eux. Celle-ci devra apprendre bien sa leçon : Donald Trump aurait ordonné au Pentagone de réduire de 9 500 les militaires américains stationnés en Allemagne, selon le Wall Street Journal.

Toutefois, l’UE devra se protéger contre toute forme d’interférence concurrentielle facilitée par ces «arrangements anarchiques» intentionnellement et subtilement établis à travers l’Europe. Elle devra constater la caducité des instruments internationaux (hors de l’UE) signés par ces États membres à travers une clause constitutionnelle, avec l’option d’une réinscription desdits instruments dans les archives de l’UE, conformément à sa nouvelle Constitution. Les États membres pourront renouveler leurs instruments commerciaux internationaux à partir des directives de l’UE. En revanche, les questions militaires se gèrent uniquement au niveau de l’UE, conformément à la Constitution de l’UE.

L’UE devra abandonner son rôle de «messager» et de «négociateur» surexploité. Car les grandes puissances disposent de nombreux canaux de communication à leur disposition. Il est temps que l’UE négocie dans ses propres intérêts et en ses propres termes, relayant ses propres messages.

Le premier message de l’UE devrait être clair à ses détracteurs «les choses ont changé et les circonstances exigent une alliance renouvelée et adaptée à la réalité». Et le deuxième message devrait enchaîner en ces termes : «L’UE veut exercer son rôle de leadership ¨européen¨ dans la reconfiguration du Vieux Continent». Un allié sincère comprendra et acceptera cette nouvelle vision des choses.

Les Forces armées de l’UE jouiront d’une légitimité de négociation supérieure à celle de l’O TAN. La création de l’Armée de l’UE ne saurait être interdite par l’OTAN. On peut imaginer que la création d’une telle armée conduirait à une redéfinition automatique de la mission de l’OTAN en Europe. Et, ce ne sera pas une mauvaise chose. L’existence virtuelle et superficielle de l’OTAN justifie la constitution de cette Armée de l’UE : un projet sensé et réalisable. Les tensions devront automatiquement se calmer en Europe, notamment à l’Est.

L’UE devrait se munir de ses propres moyens de dissuasion vis-àvis de ses concurrents et de ses adversaires potentiels. Ainsi, les États-Unis pourraient se concentrer sur d’autres régions du monde où les acteurs ne sont pas en mesure de déployer leurs propres moyens dissuasifs. À titre d’exemple, il y a un défi énorme à relever en Asie.

Les Européens sont assez compétents pour renégocier et dissuader les forces militaires qui menaceraient leurs territoires. Il n’est pas interdit de dire merci à un ami qui vous a aidé pendant des périodes difficiles. Il n’est pas interdit non plus de remercier l’OTAN et de participer à la redéfinition de sa mission en Europe, notamment au sein de l’UE. La russophobie et la nostalgie de longues guerres (intestinales) européennes ne sont plus acceptées comme alibi pour diviser l’UE, dans l’intérêt de certains stratèges insatiables. L’OTAN a toujours été une alliance de circonstance. Point n’est besoin d’inventer des raisons pour justifier la présence, au sein de l’UE, d’une occupation militaire déguisée, obsolète et démodée. La protection de Bruxelles doit être assurée par les Forces armées de l’UE, pour que les élus de l’UE soient en mesure de négocier en toute quiétude dans l’intérêt de l’UE. Quel est le poste militaire le plus prestigieux en Europe ?

Toute alliance susceptible de nuire au succès du projet de l’UE devrait être renégociée, face à cette menace existentielle qui plane sur ce groupe des (27 +/-1) États membres. Les citoyens de l’UE ont droit à leur «rêve européen». L’UE devrait défendre son intérêt avant de défendre celui de ses alliés (hors-UE). Toute violation de ce principe constituerait une forme d’auto-aliénation collective des États membres. L’OTAN ne peut pas jouer le rôle de l’Armée de l’UE. Il faut un projet de Constitution ; il faut une Armée. Il faut rééquilibrer les relations (UEUSA et UE-Russie), basées notamment sur les nouvelles donnes susmentionnées, à savoir, l’annexion de la Crimée, le Brexit, et la mutation certaine, en veilleuse, de l’État islamique («Daech »).

Une solution UE-Russie-USA serait éphémère et fragiliserait encore plus la position de l’UE. Ces tentatives triangulaires tendent à approfondir la crise et à menacer simultanément l’intégrité de l’UE et la souveraineté de ses États membres ? Il serait judicieux de considérer la formation de quatre alliances distinctes (UE-Russie ; UE-UK ; UE-ACP ; UE-USA ; UE-Asie), ayant à l’arrière-plan les projets de Constitution de l’UE et de l’Armée de l’UE.L’Amérique n’est pas le problème ; La Russie ne l’est pas non plus ;▪ «Daech» n’est pas le problème. La mutation certaine de l’organisation terroriste constitue encore un facteur de complication des menaces qui pèsent sur l’UE.

Y-a-t-il de l’incohérence dans les actions de Donald Trump vis-à-vis de l’UE? La réponse est oui. Donald Trump est-il responsable de l’effondrement de l’OTAN ? La réponse est non. Donald Trump est-il responsable de l’annexion de la Crimée par les Russes ? La réponse est non. L’UE a-t-elle été prévenue depuis 2009 sur l’annexion de Crimée ainsi que le déclin/implosion de l’OTAN ? La réponse est oui1. L’UE avait-elle pris les mesures qui s’imposent ? La réponse est non. Il faut remonter à la genèse des personnalités qui ont occupé les postes de «National Security Advisor», de «U.S. Ambassador to the United Nations» et de «U.S. Secretary of State», au cours de la détérioration progressive de la politique étrangère américaine pour cerner l’ampleur de cet échec.

La vie des Noirs ne compte pas toujours, aux yeux des politiciens et des opportunistes noirs. Il faudra revisiter les actions et les inactions de certains diplomates qui ont contribué largement à cet échec spectaculaire de la politique étrangère américaine : du bouclier antimissile défectueux et déficient prôné en Europe de l’Est (National Security Advisor) à la politique de désengagement (U.S. Ambassador to the United Nations), laquelle a été cristallisée par l’abandon de l’Ukraine, du Continent africain, notamment de la Libye, jusqu’aux événements ayant conduit à l’annexion de la Crimée par les Russes.

La vie des Noirs n’a pas d’importance, aux yeux de ces diplomates américains qui ont procédé, de manière délibérée, à l’abandon du Continent africain au profit de la Chine, fermé les yeux sur la traite des esclaves et le viol de jeunes femmes africaines en Libye, fermé les yeux sur le pillage des richesses libyennes, contribué à laisser Haïti dans un état infrahumain décrit par Donald Trump comme un «trou de merde». Ces diplomates n’ont pas leur place aux côtés de Biden prônant «Black Lives Matter Everywhere».

Les propos de Donald Trump sont souvent offensifs, voire mensongers, selon certains critiques. De toute évidence, son «constat de merde» vis-à-vis d’Haïti, sous une forme ou une autre, était offensif et répugnant. Toutefois, il faut donner à César ce qui revient à César. Trump avait dit une vérité qui fait mal aux démocrates, puisque nombre de ceux qui s’arrangent autour de Biden aujourd’hui ont contribué directement au pillage des ressources de cette République noire dans l’arrière-cour de la plus grande puissance de la planète. Ces ravisseurs ont contribué à créer une situation de «trou de merde», afin de faciliter leurs activités illicites et criminelles, consistant à priver Haïti de toutes ses richesses, sol et sous-sol.

À cet effet, Joe Biden a une obligation morale, non seulement d’écarter ces colons «démodés et déguisés», Blancs et Noirs, mais surtout à faciliter toute investigation relative à la dilapidation des maigres ressources financières d’Haïti, sous le regard et la participation active et directe de certains « diplomates d’affaires » américains. Les ressources minières d’Haïti sont menacées par ces mêmes ravisseurs.

Un simple coup d’œil sur le Rapport du secrétaire d’État John Kerry, au Département d’État, suffirait à Biden de prendre les décisions qui s’imposent, si son engagement vis-à-vis du mouvement «Black Lives Matter» n’est pas limité à un simple geste politico-électoral. On ne peut pas écarter la possibilité d’une résurrection dudit Rapport sur Haïti par le camp Trump.

Joe Biden est en train de considérer une candidate très toxique au poste de vice-présidente des États-Unis. Cette candidate est susceptible d’embobiner sa campagne électorale avec l’échec des États-Unis en Ukraine (annexion de la Crimée) et en Libye (la traite des esclaves africains en plein 21e siècle, le viol de jeunes africaines, Bengazi et le pillage des ressources minières du pays). Même une victoire, avec cette candidate à ses côtés, risque d’être ruinée par d’interminables investigations. «Black lives Matter» en Libye ! «Black Lives Matter» en Haiti ! «Black Lives Matter» everywhere ! Assurément, les adhérents à ce mouvement demanderont des comptes.

Le problème de l’UE se résume en la méfiance entre États membres et la peur de dire «NON» aux Américains. La solution se rapporte à ces deux documents : la Constitution de l’UE pour rétablir confiance ; l’Armée de l’UE pour assurer l’autonomie militaire et la souveraineté de l’espace Schengen, rendant ainsi ce «NON» possible contre toute action contraire à la dite Constitution …toute pression sur les élus de Bruxelles… toute autre menace aux intérêts suprêmes de l’UE. C’est le résultat d’une politique étrangère américaine catastrophique en Europe sur une période de quinze (15) ans. La Russie en profite certainement. Les coupables, responsables de cet échec, sont-ils en train de tirer toutes les ficelles pour s’accrocher au pouvoir avec Biden ?

L’auteur avait personnellement alerté les autorités européennes en Suisse, en France et en Finlande, entre 2006 et 2009. Ensuite, il a publié l’ouvrage «Cyber Warriors at War (p.152)», en vue de documenter ses exploits, face au scepticisme et à l’incrédulité manifestés par certaines autorités américaines.


Cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, New York VOL. L, No. 31 12 août 2020, et se trouve en P.3 à : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2020/08/H-O-12-aout-2020.pdf