{"id":3072,"date":"2018-04-04T19:01:41","date_gmt":"2018-04-04T23:01:41","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=1774"},"modified":"2018-04-04T19:01:41","modified_gmt":"2018-04-04T23:01:41","slug":"harmoniser-je-vous-aime-et-m-fou-pou-w","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=3072","title":{"rendered":"Harmoniser \u00ab Je vous aime \u00bb et \u00ab M fou pou w \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>REGARD DE LA FEN\u00caTRE<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em><strong>CR\u00c9OLIT\u00c9 ET FRANCOPHONIE<\/strong><\/em><\/li>\n<li><strong>Harmoniser \u00ab Je vous\u00a0aime \u00bb et \u00ab M fou pou w \u00bb\u00a0<\/strong><em>par Mich\u00e8le Mevs<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00ab La langue est ce qui construit\u00a0notre pens\u00e9e, notre conscience, notre rapport \u00e0 l\u2019autre \u00bb, dit\u00a0Alain Bentolila; et pour planter la\u00a0\u00ab cr\u00e9olit\u00e9 \u00bb au c\u0153ur de notre avenir, il n\u2019est pas besoin de sacrifier\u00a0notre participation \u00e0 la \u00ab francophonie \u00bb.<br \/>\nVivre au jour le jour immerg\u00e9\u00a0dans le bilinguisme fran\u00e7ais ou\u00a0cr\u00e9ole, en conformit\u00e9 avec la\u00a0constitution ha\u00eftienne et en\u00a0m\u00eame temps virevolter dans un\u00a0syncr\u00e9tisme fran\u00e7ais-cr\u00e9ole, c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9 linguistique du pays.<\/p>\n<p>Il serait imp\u00e9ratif que les\u00a0autorit\u00e9s prennent des d\u00e9cisions\u00a0opportunes en ce qui concerne l\u2019am\u00e9nagement linguistique !\u00a0Faudra, un jour ou l\u00b4autre, mettre\u00a0un peu d\u2019ordre dans tout cela\u00a0parce qu\u00b4il est important d\u00b4assurer l\u2019efficience dans la communication \u2014 de m\u00eame que rendre\u00a0justice \u00e0 la majorit\u00e9 des Ha\u00eftiens \u2014 vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9ducation fondamentale (pour commencer);\u00a0alors que des perspective de progr\u00e8s sont en attente d\u2019une mise en\u00a0place de d\u00e9cisions concernant les\u00a0deux langues nationales.<\/p>\n<p>Le linguiste Robert Berrou\u00ebt-Oriol reprend sur son blog son\u00a0article publi\u00e9 au quotidien Le\u00a0National du 2 mars 2018 soulignant la \u00ab quasi inexistence de\u00a0mobilisation citoyenne quant \u00e0\u00a0l\u2019am\u00e9nagement du cr\u00e9ole et du\u00a0fran\u00e7ais en Ha\u00efti&#8230;! \u00bb, ajoutant, \u00ab\u00a0(&#8230;) Dans le champ \u00e9ducatif o\u00f9 le\u00a0Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation ne dis- pose toujours pas, depuis la\u00a0r\u00e9forme Bernard de 1979, d\u2019une\u00a0politique linguistique \u00e9ducative \u00bb.\u00a0Bien heureusement, la Constitution ha\u00eftienne de 1987 amend\u00e9e nous accorde le b\u00e9n\u00e9fice de\u00a0deux langues partag\u00e9es \u00e0 part\u00a0\u00e9gal en son \u00ab Article 5 : Tous les\u00a0Ha\u00eftiens sont unis par une langue commune : \u2013 Le cr\u00e9ole et le\u00a0fran\u00e7ais sont les langues officielles de la R\u00e9publique \u00bb. C\u00b4est dire\u00a0qu\u00b4elles placent la population\u00a0dans un \u00e9tat que je qualifie de\u00a0\u00ab bipolaire \u00bb.<\/p>\n<p>Les enjeux et les opportunit\u00e9s\u00a0qu\u2018offrent ces deux langues sont\u00a0patentes : Si le cr\u00e9ole est n\u00e9cessaire \u00e0 la compr\u00e9hension et \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 dans l\u2019apprentissage, \u00e0\u00a0rendre justice en fournissant des\u00a0outils d\u2019\u00e9mancipation \u00e9galitaire\u00a0aux populations du pays, le fran\u00e7ais, lui, constitue une porte ouverte sur l\u2019international.<\/p>\n<p>Caroline Hudicourt, professeur \u00e0 l\u00b4Universit\u00e9 Quisqueya, portait, depuis 2006, une pr\u00e9cision sur la \u00ab probl\u00e9matique du\u00a0cr\u00e9ole \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00bb soulignait que\u00a0le cr\u00e9ole ce n\u2019est pas rien. D\u2019autres disent que le cr\u00e9ole\u00a0n\u2019est parl\u00e9 que par un nombre\u00a0r\u00e9duit de personnes, alors qu\u2019en\u00a0fait le cr\u00e9ole est parmi les langues\u00a0les plus parl\u00e9es du monde. &#8230; La\u00a0Linguasphere Observatory divise\u00a0les langues en deux\u00a0 cat\u00e9gories :\u00a0les macro langues, qui sont parl\u00e9es par plus de 10 millions de\u00a0personnes, et les micros langues\u00a0parl\u00e9es par moins de 10 millions\u00a0de personnes. Et il n\u2019y a que 82\u00a0macro langues sur la terre. Et le\u00a0cr\u00e9ole ha\u0457tien, \u00e9tant parl\u00e9 par plus\u00a0de onze millions d\u2019\u00e2mes, occupe\u00a0la trente-cinqui\u00e8me place parmi<br \/>\nles 82 macro langues. (Mathieu\u00a0S., 2005, p. 18-20).<\/p>\n<p>En revanche, le fran\u00e7ais, sachons le, est une langue qui, m\u00eame si elle est en perte de vitesse en Ha\u00efti, est n\u00e9anmoins, \u00ab Selon les pr\u00e9visions, en 2050, 750 millions de personnes dans\u00a0le monde seront francophones. Presque trois fois plus qu\u2019aujourd\u2019hui, en grande partie du fait de\u00a0la pouss\u00e9e d\u00e9mographique en\u00a0Afrique. C\u2019est donc une langue\u00a0puissante \u00bb. (Source France\u00a0Culture).<\/p>\n<blockquote><p><strong> A partir de ces faits, il ne nous\u00a0resterait plus qu\u2019\u00e0 faire bon\u00a0usage de notre patrimoine linguistique, de ses h\u00e9ritages, blessants ou pas. Saisissons l\u2019opportunit\u00e9, qu\u2018importe d\u2018o\u00f9\u00a0elle vient et comment elle se\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9sente ! n\u2019abandonnons\u00a0rien, prenons notre bien o\u00f9 il se\u00a0trouve et cultivons notre jardin. Plantons \u00ab notre cr\u00e9olit\u00e9 \u00bb\u00a0au c\u0153ur de notre avenir. Elle\u00a0est inclusive ! Votons : cr\u00e9ole, oui ! et fran\u00e7ais, oui !<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Aucune loi d\u00b4accompagnement n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e sur\u00a0les langues et leur espace par le\u00a0Parlement de la R\u00e9publique, \u00e0 ce\u00a0jour. Le m\u00e9li-m\u00e9lo, qui consiste \u00e0\u00a0commencer une conversation en\u00a0fran\u00e7ais et \u00e0 virer sans ambages\u00a0au cr\u00e9ole, est monnaie courante\u00a0dans la conversation. La premi\u00e8re fait office de langue adopt\u00e9e et\u00a0la seconde de langue maternelle, une syst\u00e8me compose d\u2019une\u00a0double mamelle.<\/p>\n<p>Paradoxe. Lors de l\u2019amendement de la constitution de 1987, la pol\u00e9mique d\u00e9clench\u00e9e quand\u00a0le texte d\u00b4amendement n\u2019avait\u00a0pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en cr\u00e9ole, mais seulement appliqu\u00e9 \u00e0 la constitution\u00a0en langue fran\u00e7aise. Et donc, nous d\u00e9tenons bel et bien en Ha\u00efti\u00a0une constitution en cr\u00e9ole de\u00a0l\u00b4ann\u00e9e 1987, sans aucun amendement; et en m\u00eame temps une\u00a0constitution amend\u00e9e en langue\u00a0fran\u00e7aise. Cette derni\u00e8re seule\u00a0fait office de document valable\u00a0r\u00e9gissant notre pays, alors que\u00a0celle en cr\u00e9ole non-amend\u00e9e est\u00a0restitu\u00e9e sans explication aucune. Une telle n\u00e9gligence, ou un\u00a0tel laxisme, ne s\u2019explique pas, quoique nombreux sont-ils qui\u00a0en font \u00e9tat et se sentent abus\u00e9s,\u00a0une majorit\u00e9 de la population, au\u00a0fait.<\/p>\n<p>Imaginez qu\u2019un citoyen faisant droit de la Constitution de\u00a01987 en cr\u00e9ole fasse requ\u00eate \u00e0\u00a0partir des stipulations de ce document en langue cr\u00e9ole, volontairement mis de c\u00f4t\u00e9 par les dirigeants politiques du pays.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, imaginez\u00a0l\u2019angoisse qu\u2019\u00e9prouvent des enfants depuis l\u2019\u00e9cole primaire\u00a0quand ils doivent apprendre en\u00a0langue fran\u00e7aise et n\u2019y rien comprennent rien, malgr\u00e9 leur\u00a0meilleure volont\u00e9 vite tourn\u00e9 en<br \/>\nfrustration charri\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge\u00a0adulte.<br \/>\nEt, voici la tendance actuelle, en 2018, sur le terrain : Une\u00a0sorte de r\u00e9action contre ce qui est\u00a0per\u00e7u comme un acte de r\u00e9sistance. Demandez le au directeurs\u00a0d\u2019opinion les mieux c\u00f4t\u00e9s du\u00a0pays, et ils ne manqueront pas de\u00a0le confirmer. Actuellement, \u00e0\u00a0l\u2019oreille de la majorit\u00e9 de la population ha\u00eftienne, le fran\u00e7ais est\u00a0\u00e9litiste, bourgeois (boujwa) et\u00a0donc m\u00e9prisable. car, seul le\u00a0\u00ab kre\u00f2l \u00bb est lib\u00e9rateur. En ce<br \/>\nsens, L\u00e9onora Miano pr\u00e9cisait :\u00a0\u00ab Les Africains n\u2019ont pas choisi la\u00a0France. Elle leur est tomb\u00e9e dessus \u00bb.<\/p>\n<p>Lyonel Trouillot, dans son\u00a0\u00e9ditorial au quotidien Le Nouvelliste, \u00e9crit, sous le titre \u00ab Pale\u00a0franse gen dan \u00bb (publi\u00e9 le 21\u00a0mars): \u00abEt dans la trag\u00e9die d\u2019un\u00a0peuple sanctionn\u00e9 deux fois : une\u00a0premi\u00e8re langue minor\u00e9e (le\u00a0cr\u00e9ole), m\u00e9pris\u00e9e ; une deuxi\u00e8me\u00a0(le fran\u00e7ais) qui pourrait \u00eatre\u00a0sienne accapar\u00e9e comme privil\u00e8ge de classe ou de caste \u00bb. M. Trouillot n\u2019a jamais si bien dit !<br \/>\nCombien de fois je me suis\u00a0vu rappeler \u00e0 l\u00b4ordre tandis que\u00a0je postais mes commentaires au\u00a0bas des \u00e9missions live sur le web. Le \u00ab zuzu \u00bb est irrecevable, me\u00a0disaient certains\u2026 me lan\u00e7ant\u00a0encore des injures que je me garderai\u00a0de r\u00e9p\u00e9ter. J\u2019ai vite compris\u00a0que le fran\u00e7ais renvoyait \u00e0 une\u00a0m\u00e9moire coloniale dans l\u2019imaginaire actuelle. Mais \u00e9galement\u00a0que je ne pouvais me singulariser\u00a0si je voulais partager mon opinion. Qui veut se faire comprendre en Ha\u00efti par tous, aujourd\u2019hui, se doit d\u2019oublier de parler et\u00a0d\u2019\u00e9crire en fran\u00e7ais. S\u00b4exprimer\u00a0seulement en cr\u00e9ole est le moyen\u00a0de se faire \u00e9couter par tous. Utiliser le fran\u00e7ais, c\u2019est comme\u00a0insulter la population des internautes ha\u00eftiens. Qui tient le fran\u00e7ais pour langue se retrouve vite\u00a0dans un coin du web, esseul\u00e9 de\u00a0la communaut\u00e9 locale et de la\u00a0diaspora parce que renvoy\u00e9 au\u00a0statut de dominant, de r\u00e9pugnante \u00e9lite, comme le furent les\u00a0colons fran\u00e7ais de qui l\u00b4Ha\u00eftien\u00a0s\u2019est pourtant lib\u00e9r\u00e9 depuis 1804. Mais encore gardant l\u2019impression de se retrouver sous le joug\u00a0des classes poss\u00e9dantes \u00ab \u00e9gocentristes \u00bb. En clair, la r\u00e9alit\u00e9\u00a0interpelle : Pour l\u2019Ha\u00eftien d\u2019aujourd\u2019hui le fran\u00e7ais c\u00b4est l\u00b4horreur. On l\u2019utilise seulement\u00a0quand on y est forc\u00e9 ou pour\u00a0s\u00b4adonner \u00e0 certaines manipulations de classe.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9gression\u00a0astronomique du\u00a0fran\u00e7ais en Ha\u00efti\u00a0depuis des\u00a0dizaines d\u2018ann\u00e9es<\/strong><br \/>\nObservons le cas symptomatique de la discussion ayant eu\u00a0cours au Parlement ha\u00eftien autour\u00a0de la question de savoir s\u2019il faut\u00a0mener le d\u00e9bat en cr\u00e9ole et r\u00e9diger les textes en fran\u00e7ais fran\u00e7ais, quitte \u00e0 les faire traduire en cr\u00e9ole, alors que la traduction n\u00b4est ni\u00a0admissible, ni correcte. Les difficult\u00e9s de nos honorables parlementaire repr\u00e9sentant, dans leur\u00a0majorit\u00e9, l\u2019arri\u00e8re-pays, sont\u00a0notables. Les \u00e9cueils sur lesquels\u00a0ils buttent \u00e0 l\u2019occasion des s\u00e9ances sont davantage dans l\u2019expression d\u00b4un fran\u00e7ais boiteux que\u00a0dans le travail de r\u00e9flexion ou de\u00a0prise de d\u00e9cision par rapport \u00e0 un\u00a0quelconque consensus.<\/p>\n<p>Si l\u2019on a pu se demander\u00a0pourquoi cette question d\u2019efficacit\u00e9 dans l\u2019utilisation de la langue\u00a0fran\u00e7aise comme langue de travail au Parlement de la R\u00e9publique n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 ce jour adress\u00e9e par les plus hautes instances\u00a0politiques et sociales du pays, on\u00a0pourrait penser que c\u2019est parce\u00a0que la France est constamment\u00a0pr\u00e9sente sur le terrain, apportant\u00a0son assistance financi\u00e8re et assurer la francophonie, son instrument de s\u00e9duction.<\/p>\n<p>Assur\u00e9ment, nos dirigeants\u00a0politiques au sein des gouvernements successifs esquivent cette<br \/>\nresponsabilit\u00e9, ignorant souverainement les besoins des citoyens, et peu importe la volont\u00e9 du peuple victime des dirigeants mettant\u00a0mettant en \u0153uvre une politique\u00a0consistant \u00e0 lui tenir \u00ab la drag\u00e9e\u00a0haute \u00bb embourgeoisant. Nombreux sont les autres qui avancent que ces personnages politiques sont trop ignares (incomp\u00e9tents) ou trop pr\u00e9occup\u00e9s \u00e0\u00a0\u00e9marger de la caisse publique et \u00e0\u00a0jouir des privil\u00e8ges personnels, au nom de la corruption (bann\u00a0vol\u00e8), pour accorder une quelconque importance au pays.Ainsi, un choix de langue est comprise par la majorit\u00e9\u2014 comme\u00a0par les parlementaires eux- m\u00eames \u2014 sans aucun int\u00e9r\u00eat du\u00a0point de vue de la classe dirigeante.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a ce r\u00e9flexe anti-fran\u00e7ais de certains intellectuels et\u00a0id\u00e9ologues extr\u00e9mistes, comme si\u00a0la langue \u00e9tait coupable des\u00a0usages qu\u2019on a pu en faire \u00bb, dit\u00a0encore Lyonel Trouillot. \u00c0 cela\u00a0j\u2019ajouterais un groupe adh\u00e9rant \u00e0\u00a0cette attitude que d\u00e9crit cet\u00a0auteur, en relation avec le \u00ab r\u00e9flexe \u00bb de la masse ultra-nationa- liste-identitaire profond\u00e9ment\u00a0inspir\u00e9e de l\u2019histoire de la victoire du Noir esclave sur le Blanc\u00a0malsain. Cette majorit\u00e9 de la\u00a0population ha\u00eftienne rejette le\u00a0fran\u00e7ais qui lui est souvent impos\u00e9 d\u00e8s l\u2019\u00e9cole primaire et veut\u00a0s\u2019en lib\u00e9rer, peu importe les con- s\u00e9quences. Le sacrifice en vaut la\u00a0peine dans cet esprit-l\u00e0, pensent- ils.<\/p>\n<p>Et Trouillot d\u2019ajouter : \u00ab Il y\u00a0a le ridicule de ceux et celles qui\u00a0croient parler fran\u00e7ais en parlant\u00a0cr\u00e9ole \u00bb. Ce qui nous ram\u00e8ne \u00e0\u00a0la confusion propag\u00e9e par l\u2019\u00e9ducation quasi-bilingue des enseignants inaptes. Des langues apprises depuis l\u2019\u00e9cole primaire\u00a0sans contr\u00f4le et sans r\u00e9gulation. Une situation dans la coexistence\u00a0quand l\u00b4enseignement en cr\u00e9ole\u00a0se r\u00e9clame voix authentique du\u00a0natif-natal avec pour s\u00e9dimentation un sentiment revanchard\u00a0contre l\u2019autre langue : le fran\u00e7ais\u00a0enseign\u00e9e aux cours priv\u00e9es\u00a0accessibles aux seuls nantis !<\/p>\n<p>La confusion r\u00e8gne \u00e9galement au Parlement o\u00f9 les cr\u00e9olophones eux-m\u00eames ont \u00ab \u00e9clat\u00e9 \u00bbquand un honorable parlementaire charg\u00e9 de lire une proposition\u00a0de loi en fran\u00e7ais eut \u00e0 con- fondre les mots \u00ab immunit\u00e9 \u00bb et\u00a0\u00ab humilit\u00e9 \u00bb (qu\u2019il pronon\u00e7ait\u00a0comme imilit\u00e9). La prononciation cr\u00e9oliste, la diction \u00ab surette \u00bb\u00a0et le rythme cass\u00e9 dans la lecture\u00a0des textes ne surprennent plus\u00a0personne, \u00e0 suivre les d\u00e9bats parlementaires live sur le net. On ne\u00a0peut oublier non plus l\u2019hilarit\u00e9\u00a0majeure survenue quand un autre de nos honorables parlementaires, dont je tairai le nom, buttant sur la prononciation du mot\u00a0\u00ab e-mail \u00bb fut articul\u00e9 par lui en\u00a0\u00ab maille \u00bb r\u00e9sultant en buzz !\u00a0Ensuite, ses efforts pour se d\u00e9douaner ne firent que renforcer\u00a0la moquerie. Sa m\u00e9connaissance vis-\u00e0-vis de ce que peut \u00eatre\u00a0une messagerie informatique et\u00a0comment prononcer convenablement \u00ab e-mail \u00bb fit dire de lui\u00a0qu\u2019il est un v\u00e9ritable cr\u00e9tin, \u00ab Yon\u00a0Neg s\u00f2t \u00bb. Or, nous savons, \u00e0 travers le t\u00e9moignage de ses coll\u00e8gues, qu\u2019il n\u2019est pas ainsi. S\u2019il a\u00a0des manques, le s\u00e9nateur ne serait\u00a0pas un \u00ab egare \u00bb (esprit born\u00e9 en\u00a0cr\u00e9ole). La lecture de la langue fran\u00e7ais \u00e9quivalait, de surcro\u00eet, pour lui \u2014 comme pour bien\u00a0d\u2019autres, d\u2019ailleurs \u2014, \u00e0 se jeter\u00a0en eau profond\u00e9ment troubl\u00e9e. On peut, en revanche, imaginer\u00a0la connotation que peut avoir en\u00a0Ha\u00efti l\u2019expression \u00ab pa egare \u00bb, soit : astucieux, roublard et profiteur dans le mauvais sens du\u00a0terme. Quelle confusion dans la\u00a0confusion, pensez-y !<\/p>\n<p>C\u00b4est aussi, et surtout, en\u00a0diplomatie internationale, une\u00a0question de politique des puissants \u2014 amis\/partenaires \u2014 vis- \u00e0-vis d\u2019Ha\u00efti. Si depuis longtemps, les Am\u00e9ricains ont voulu\u00a0renforcer le cr\u00e9ole sur le terrain, \u00e9liminant ainsi l\u2019influence du\u00a0parler fran\u00e7ais et vouloir \u00eatre de\u00a0France, ils n\u00b4arriveront \u00e0 leur fin\u00a0que dans les ann\u00e9es 80 faisant\u00a0valoir un argumentaire qui servait leur objectif, \u00e0 savoir, apprendre dans la langue maternelle aide \u00e0 la compr\u00e9hension. Les\u00a0\u00c9tats-Unis formalisent le syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture du cr\u00e9ole sur le syst\u00e8me \u00ab phon\u00e9tique \u00bb, tandis que\u00a0la France, temporairement \u00e9vinc\u00e9e, ne laissera \u00e0 aucun moment\u00a0tomber son influence territoriale\u00a0qu\u2019assure la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>L\u00b4Ambassade de France en\u00a0Ha\u00efti a une forte pr\u00e9sence sur le\u00a0terrain et l\u2019ambassadrice Elisabeth Beton fait montre d\u2019un dynamisme exceptionnel.C\u2019est ainsi que sa pr\u00e9sence et son int\u00e9r\u00eat\u00a0pour Ha\u00efti, (tout en adressant, bien entendu, les directives du\u00a0gouvernement fran\u00e7ais) sont notoires. En ce qui a trait au d\u00e9veloppement sociolinguistique et\u00a0culturel du pays, elle n\u2019aurait pas\u00a0d\u2019\u00e9gal. \u00c0 l\u00b4occasion du r\u00e9cent colloque\/ Quisqueya\/ REDFORD qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 les 22 et\u00a023 mars, l\u2019ambassadrice accompagne les r\u00e9flexions sur les d\u00e9fis\u00a0du syst\u00e8me \u00e9ducatif en Ha\u00efti sur\u00a0les aspects, notamment sur les\u00a0th\u00e8mes : \u00ab Professionnalisation, innovation et transformation, leviers de d\u00e9veloppement \u00bb. Soutien procur\u00e9 de l\u2019Agence universitaire de la francophonie, cet\u00a0\u00e9v\u00e9nement r\u00e9unit une pl\u00e9thore\u00a0de chercheurs ha\u00eftiens et \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Il faut souligner que la France\u00a0lutte pour garder sa place en\u00a0Ha\u00efti, dans sa qu\u00eate de \u00ab domination\/collaboration\/partenariat\/amiti\u00e9 \u00bb, le tout \u00e0 la fois. Elle\u00a0a travaill\u00e9 durant des ann\u00e9es par l\u2019entremise de la langue fran\u00e7aise dont le moteur majeure est la\u00a0francophonie, mais \u00e9galement\u00a0les Alliances fran\u00e7aises, les Instituts fran\u00e7ais, les prix d\u2019excellence et autres offres, telles que\u00a0bourses d\u00b4\u00e9tude. (\u00c0 noter que ce\u00a0n\u00b4est pas seulement en Ha\u00efti, mais \u00e0 travers le monde, que des\u00a0lyc\u00e9ens fran\u00e7ais re\u00e7oivent et \u00e9duquent les \u00e9lites diplomatiques et\u00a0locales).<\/p>\n<p>Mais le monde tourne et les\u00a0choses \u00e9voluent, \u00e0 Paris comme \u00e0\u00a0Port-au-Prince. Et pas toujours\u00a0dans un mauvais sens. De sorte\u00a0que cette nouvelle orientation\u00a0des objectifs de la Francophonie, sous la houlette du jeune pr\u00e9sident Emmanuel Macron. \u00e9tonnent et r\u00e9jouissent \u00e0 la fois. C\u00b4est\u00a0avec attention que j\u00b4ai suivi son\u00a0r\u00e9cent discours, le 20 mars dernier, jour comm\u00e9moratif de la\u00a0Francophonie. Depuis l\u2019auditoire de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise, \u00e0\u00a0Paris, Macron \u00ab lib\u00e9rerait la\u00a0langue fran\u00e7aise \u00bb \u2014 la langue\u00a0elle-m\u00eame \u2014 de son carcan local, territorial : La France. Il\u00a0semblait vouloir dire : transformons l\u00b4oiseau (la langue) en un\u00a0\u00e9l\u00e9ment \u00e0 part enti\u00e8re, un porteur\u00a0de libert\u00e9 des pens\u00e9es et\u00a0conscience, pour le progr\u00e8s universel. L\u00e0, je me suis dis, \u2014 je\u00a0vous le confesse \u2014, d\u00e9cid\u00e9ment, les Fran\u00e7ais \u00e9taient trop forts !<\/p>\n<p>Si je connaissais d\u00e9j\u00e0 le pragmatisme am\u00e9ricain, cette fois, il\u00a0est \u00e9vident que quelque chose se\u00a0passait au sein m\u00eame de la\u00a0Francophonie : une avanc\u00e9e dans\u00a0la mentalit\u00e9 fran\u00e7aise elle-m\u00eame\u00a0la poussant \u00e0 une stature plus universelle. Une sorte de transmutation de son ADN d\u00b4aristocratique\u00a0et hors de port\u00e9e. La langue\u00a0fran\u00e7aise prend un autre envol. Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais d\u00e9ploie son\u00a0discours en faveur du fran\u00e7ais\u00a0devenu la langue \u00ab tout-monde \u00bb\u00a0inspir\u00e9e de l\u2019id\u00e9ologie d\u2019origine\u00a0antillaise du tr\u00e8s regrett\u00e9 \u00c9douard\u00a0Glissant.<\/p>\n<p>On peut, n\u00e9anmoins, se\u00a0demander si cette exceptionnelle\u00a0facult\u00e9 d\u2019adaptation \u2014 nouvelle\u00a0g\u00e9n\u00e9ration \u2014, \u00e0 la Macron, si\u00a0l\u2019\u00e9lite d\u00e9cisionnelle fran\u00e7aise la\u00a0portera \u00e0 \u00e9closion \u00e9galement la\u00a0fera-t-elle aboutir ? On pourrait\u00a0dire que la vision et le projet Macron pour la Francophonie irait\u00a0jusqu\u2019\u00e0 expulser la langue de\u00a0Moli\u00e8re du territoire fran\u00e7ais\u00a0dans un but de mondialisation. \u00c9coutez plut\u00f4t sur le net le discours fleuve structurant mais\u00a0po\u00e9tique d\u00b4Emmanuel Macron. La France ne serait plus qu\u00b4un\u00a0des pays de la Francophonie, comme les autres et le fran\u00e7ais\u00a0de France perdrait du coup cet\u00a0aspect: \u00ab Seule ma francit\u00e9, celle de mon territoire,seule ma fa\u00e7on\u00a0de concevoir le monde est\u00a0f\u00e9cond \u00bb.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant d\u2019\u00e9laborer\u00a0en m\u00eame temps cette facult\u00e9\u00a0bien ha\u00eftienne de surfer aux confluents des rivi\u00e8res qui se jettent\u00a0dans la mer. Et je vous rassure, cela n\u2019a rien de mauvais.<\/p>\n<p>En effet, aujourd\u2019hui le syncr\u00e9tisme de la langue se retrouve\u00a0\u00e0 ce confluent quand la rivi\u00e8re\u00a0c\u00b4est le cr\u00e9ole, et la mer le fran\u00e7ais. Ce qui nous laisse la voie\u00a0libre \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019un cr\u00e9ole\u00a0garni de ces mots fran\u00e7ais ou d\u00b4accent fran\u00e7ais emprunt\u00e9 sur une\u00a0base de cr\u00e9olisation massive. Pourtant rien de bon ne sort de\u00a0l\u00b4indiscipline, aussi la recherche\u00a0de perfection et de r\u00e9gulation\u00a0d\u00b4une telle \u00e9volution du langage, qu\u2019il soit fran\u00e7ais ou cr\u00e9ole \u2014 un heureux m\u00e9lange \u2014 devient\u00a0primordiale. \u00c9vitons une guerre\u00a0qui consiste \u00e0 imposer sur la\u00a0langue des limites que sa nature\u00a0vivante rejette. L\u00b4\u00e9volution ! Les\u00a0r\u00e8gles contraignantes devraient participer du vivant.<\/p>\n<p>Nos deux langues, une fois\u00a0imbriqu\u00e9es dans un principe de\u00a0fonctionnement et des r\u00e8gles ad\u00e9quates \u00e0 leur usage clairement\u00a0\u00e9labor\u00e9es, elles pourraient nous\u00a0faire sortir de ce cruel \u00e9tat d\u00b4abandon, de \u00ab laissez-faire \u00bb en\u00a0tout. Un effort dans la structuration et l\u2019\u00e9laboration des lois sur\u00a0la linguistique et son application\u00a0\u00e0 l\u2019\u00e9ducation scolaire et universitaire devient n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Si l\u2019ignorance est un manque\u00a0o\u00f9 l\u2019on ne poss\u00e8de, on ne comprend le\/les contenus ou la signification des mati\u00e8res, en revanche l\u2019ent\u00eatement \u00e0 ne rien faire, \u00e0\u00a0s\u00b4en remettre au statu quo, est un\u00a0v\u00e9ritable malheur. Le choix de la\u00a0population est pourtant assez\u00a0claire, malgr\u00e9 l\u00b4idiosyncrasie locale et le rejet contextuel d\u00e9montr\u00e9 dans le texte. Les mamans\u00a0r\u00e9clament toutes le fran\u00e7ais dans\u00a0l\u2019\u00e9ducation de leurs bambins\u00a0avant tout, car elles savent que c\u2019 est un passeport vers le monde et, \u00e0 d\u00e9faut, le cr\u00e9ole. Extraordinaire\u00a0paradoxe quand on y pense. Car\u00a0cette population se cherche \u00e0 tout\u00a0prix des opportunit\u00e9s dans l\u2019imp\u00e9ratif de l\u2019exil.<\/p>\n<p>La population attend des directives. Elle est consciente et en\u00a0a besoin; et le pays en a besoin\u00a0pour son bon fonctionnement.<\/p>\n<p>La solution passera d\u00e9finitivement par le r\u00e9sultat des d\u00e9bats men\u00e9s entre acad\u00e9miciens, l\u00e9gislateurs et enseignants avec la\u00a0participation de larges secteurs\u00a0du pays, en vue de formuler la\u00a0l\u00e9gislation relatives aux langues, ainsi qu\u2019\u00e0 la concr\u00e9tisation des\u00a0principes de leur fonctionnement.<\/p>\n<p>Si ce secteur de la langue est\u00a0une \u0153uvre justement r\u00e9serv\u00e9e\u00a0aux d\u00e9cisions des sp\u00e9cialistes, \u00e0\u00a0ce dossier des langues et du bilinguisme en Ha\u00efti, il faudra certainement inclure l\u2019influence pr\u00e9gnante de l\u2019anglais, \u00ab enjoy life \u00bb\u00a0sur le fran\u00e7ais-ha\u00eftien et sur le\u00a0cr\u00e9ole-ha\u00eftien. Le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0affecte \u00e9galement la langue fran\u00e7aise et la France en est bien\u00a0consciente&#8230; le franglais devient\u00a0globish, anglobale, ou anglolai, consistant en la substitution du\u00a0mot fran\u00e7ais par le mot anglais&#8230; (Et, j\u00b4en ai conscience, je n\u2019en ai\u00a0pas assez dit sur cet important\u00a0aspect de la chose).<\/p>\n<p>Le ,acronisme aime les mots\u00a0anglais, disent les puristes ou\u00a0classiques bien fran\u00e7ais : \u00ab process \u00bb, \u00ab sky is the limit \u00bb, \u00ab start-up nation \u00bb.<\/p>\n<p>L\u00b4anglicisme envahit la langue de Descartes&#8230; La prise de\u00a0conscience que la connaissance\u00a0de l\u2019anglais et autres langues\u00a0devraient ouvrir la France au plurilinguisme en France devient\u00a0une des directives Macron (lire\u00a0son discours). Le ch\u00e2teau de Villers-Cotter\u00eats, lieu de naissance\u00a0d\u00b4Alexandre Dumas, situ\u00e9 sur la\u00a0commune de Villers-Cotter\u00eats, dans le d\u00e9partement de l\u2019Aisne, en pleine ville. \u00e0 une heure de\u00a0route de Paris (environ 80 km), servira,r\u00e9nov\u00e9, de centre de cette\u00a0Francophonie (nouvelle g\u00e9n\u00e9ration) qu\u2019a annonc\u00e9e Emmanuel\u00a0Macron. Bient\u00f4t, nos \u00e9tudiants\u00a0ha\u00eftiens nous en parleront pour y\u00a0avoir \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p>Autre tendances des temps : L\u2018\u00e2ge de la technique, la nouvelle technologie, la robotique, les<br \/>\nneurosciences et pas seulement\u00a0se cherchent un vocabulaire et\u00a0un langage, secteur que l\u2019anglais\u00a0a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 \u00e0 son profit&#8230; mais\u00a0qu\u2019en est-il ? Il y a \u00e9galement\u00a0l\u2018emballement des peuples pour\u00a0les \u00ab droits de l\u2019homme \u00bb procurant forc\u00e9ment aux peuples un\u00a0droit \u00e0 la \u00ab libert\u00e9 prioritaire \u00bb\u2014 comme le droit de parler comme\u00a0on le veut (\u00e0 l\u2019oral) et faire fi des\u00a0beaux discours d\u00b4une langue\u00a0ch\u00e2ti\u00e9e (de l\u00b4\u00e9crit censur\u00e9 ou du\u00a0litt\u00e9raire\u2026)<br \/>\nLes dirigeants ha\u00eftiens sont\u00a0appel\u00e9s \u00e0 agir avec intelligence. Pour ce faire, une forte pression\u00a0citoyenne, nous semble-t-il, devra surgir au devant de la sc\u00e8ne\u00a0politique.<\/p>\n<hr \/>\n<p>l\u2019original de cet article se trouve en\u00a0<strong>P. 3, 15<\/strong>\u00a0de la version PDF de l\u2019\u00e9dition courante de l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti Observateur et \u00e0 cette adresse :\u00a0<a href=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/H-O-4-avril-2018-1.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/H-O-4-avril-2018-1.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>REGARD DE LA FEN\u00caTRE CR\u00c9OLIT\u00c9 ET FRANCOPHONIE Harmoniser \u00ab Je vous\u00a0aime \u00bb et \u00ab M fou pou w \u00bb\u00a0par Mich\u00e8le Mevs \u00ab La langue est ce qui construit\u00a0notre pens\u00e9e, notre conscience, notre rapport \u00e0 l\u2019autre \u00bb, dit\u00a0Alain Bentolila; et pour&#8230; <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1769,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10,23,25,57,30,32,33,49],"tags":[923,1287,1295,1495,1828,1988,2148],"class_list":["post-3072","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-francais","category-haiti","category-international","category-kreyol","category-litterature","category-michele-mevs","category-societe","tag-descartes","tag-francais","tag-francophonie","tag-haiti-observateur","tag-kreyol","tag-macon","tag-michelle-mevs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3072","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3072"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3072\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3072"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3072"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3072"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}