{"id":4971,"date":"2020-04-16T04:16:49","date_gmt":"2020-04-16T08:16:49","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=4971"},"modified":"2020-04-16T04:16:49","modified_gmt":"2020-04-16T08:16:49","slug":"jean-louis-joseph-seymour-lucien-polynice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=4971","title":{"rendered":"Jean Louis Joseph Seymour Lucien-Polynice"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>REQUIESCAT IN PACE<\/strong> <em>Par Louis Carl Saint Jean<\/em><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Jean Louis Joseph Seymour Lucien-Polynice<\/strong><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Jean Louis Joseph Seymour Lucien Polynice n\u2019est plus! Quelle indicible peine ! Je le connaissais, ce p\u00e8re, ce grand-p\u00e8re, cet arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, ce fr\u00e8re, cet oncle, cet ami, ce chr\u00e9tien, qui, pendant 86 ans, a men\u00e9 un train de vie exemplaire. Et, je le connaissais tr\u00e8s bien, pour l\u2019avoir pratiqu\u00e9 tout au long de la d\u00e9cennie 1990.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">N\u00e9 \u00e0 Port-au-Prince le 22 mai 1934, donc, pr\u00e8s de trois mois avant la fin de l\u2019Occupation am\u00e9ricaine de notre pays (1er ao\u00fbt 1934), Jean Louis Joseph Seymour Lucien Polynice \u00e9tait le fils du g\u00e9n\u00e9ral Edmond Polynice et d\u2019Elvira Lucien et le petit-fils du g\u00e9n\u00e9ral Edmond Sylvestre Polynice. L\u2019on se souviendra que ce dernier, ancien maire de Port-au-Prince, fut trois fois pr\u00e9sident par int\u00e9rim d\u2019Ha\u00efti (comme membre du Comit\u00e9 de Salut Public) et membre du Comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire apr\u00e8s l\u2019assassinat du pr\u00e9sident Vilbrun Guillaume-Sam, le 28 juillet 1915.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">De taille bien au-dessus de la moyenne, sa d\u00e9marche bien assur\u00e9e, son air martial et son port altier lui donn\u00e8rent l\u2019allure d\u2019un ancien militaire ou d\u2019un superbe athl\u00e8te, type G\u00e9rald Haig, Guy Saint Vil ou Henri Francillon. Bel homme, d\u2019une rare \u00e9l\u00e9gance, Seymour \u00e9tait toujours tir\u00e9 \u00e0 quatre \u00e9pingles, pimpant, tel un \u00abancien bon\u00bb, comme on dit chez nous. Ce furent ces divers traits p\u00e9rissables qui frappaient d\u2019abord les yeux de ceux qui le regardaient au loin. Au physique, la nature l\u2019avait grandement combl\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Quiconque a eu, comme moi, la bonne fortune de partager son intimit\u00e9, identifiera d\u2019autres qualit\u00e9s encore plus durables chez Seymour. L\u2019homme \u00e9tait d\u2019une parfaite urbanit\u00e9, raffin\u00e9 comme un ancien d\u00e9put\u00e9, s\u00e9nateur ou diplomate d\u2019un temps tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de chez nous. Il \u00e9tait aussi gentil, aussi charmant et aussi sympathique qu\u2019il \u00e9tait possible de l\u2019\u00eatre. Il \u00e9tait d\u2019une bont\u00e9 naturelle. Au moral, Dieu l\u2019avait abondamment b\u00e9ni.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Je n\u2019oublierai jamais la premi\u00e8re fois que j\u2019ai fait la connaissance de Seymour Lucien. C\u2019\u00e9tait un dimanche d\u2019\u00e9t\u00e9 de 1990 apr\u00e8s une r\u00e9union de d\u00e9votion tenue \u00e0 l\u2019\u00c9glise adventiste Geths\u00e9man\u00e9 o\u00f9 j\u2019\u00e9voluais alors comme diacre et secr\u00e9taire d\u2019\u00c9glise. Sa fille Marie Christine Lucien, arrivant fra\u00eechement d\u2019Ha\u00efti, s\u2019y \u00e9tait affili\u00e9e, encourag\u00e9e par sa tante Violette Lucien, diaconesse, et sa cousine Chilaine Lucien, mes s\u0153urs spirituelles dont j\u2019avais longtemps d\u00e9j\u00e0 acquis l\u2019estime.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le plus naturellement du monde, je ne tarderai pas \u00e0 gagner l\u2019admiration de Christine, l\u2019une des jolies fleurs jamais \u00e9closes dans \u00abLe Jardin vert\u00bb. Elle me consid\u00e8re comme son grand fr\u00e8re. Le plus respectueusement possible, \u00e0 mon tour, je la prends effectivement pour cette petite s\u0153ur que je n\u2019ai jamais eue, l\u2019entourant de tout mon amour et de toute mon affection. D\u2019ailleurs, tant elle que Chilaine (comme le font mes meilleurs amis) ne m\u2019ont jamais appel\u00e9 ni par mon pr\u00e9nom ni par mon nom, mais affectueusement par mon surnom\u2026Tilou. Et cela jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Sans tarder, Christine m\u2019invite chez elle. Elle habitait, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e0 New York Avenue, presque au coin d\u2019Empire Boulevard, en face du Bureau de Police. C\u2019\u00e9tait en quelque sorte \u00e0 moins de cinq cents m\u00e8tres de notre \u00e9glise commune. J\u2019honore volontiers son invitation. \u00c0 mon arriv\u00e9e, elle me pr\u00e9senta \u00e0 son p\u00e8re et \u00e0 son fr\u00e8re Loulou. Ils me firent un accueil chaleureux, m\u2019offrant apr\u00e8s quelques instants seulement un verre de \u00abKola Lakay\u00bb bien frais, au son de l\u2019\u00e9mission radiophonique \u00abMoment Cr\u00e9ole\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">En un rien de temps, nous nous m\u00eemes \u00e0 converser famili\u00e8rement, parlant de tout et de rien. Au fil de la conversation, nous parl\u00e2mes du Jazz des Jeunes, de G\u00e9rard Dupervil, de Lumane Casimir, de Guy Durosier, de Martha Jean-Claude, de l\u2019Orchestre Septentrional et d\u2019autres artistes et groupes musicaux ha\u00eftiens. Seymour s\u2019\u00e9tonna que, vu mon \u00e2ge, je fusse aussi vers\u00e9 dans des aspects de notre musique datant des ann\u00e9es 1940 &#8211; 1950. Dans une large mesure, avec mon excellent ami Jean Junior Joseph et le fr\u00e8re et brillant professeur Antoine M. Jean, il fit partie des premi\u00e8res personnes qui m\u2019avaient vivement encourag\u00e9 \u00e0 \u00e9crire sur l\u2019histoire de la musique ha\u00eftienne. Depuis cette visite dominicale, Seymour et moi dev\u00eenmes de bons amis.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Je dois avouer qu\u2019\u00e0 seulement rem\u00e9morer cette p\u00e9riode, connue comme \u00abGeths\u00e9man\u00e9 de la Belle \u00c9poque\u00bb, je me prot\u00e8ge piteusement d\u2019une cruelle nostalgie. En effet, ce que j\u2019appelle \u00ables ann\u00e9es geths\u00e9man\u00e9ennes\u00bb (d\u00e9cennies 1980 et 1990) furent, sans conteste, les plus belles de ma vie, apr\u00e8s celles de mon enfance. Elles furent m\u00eame de loin plus radieuses que celles que j\u2019ai coul\u00e9es au Coll\u00e8ge Bird de 1974 \u00e0 1980, au cours de ma scolarit\u00e9 secondaire. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque de ma croissance sociale, intellectuelle et spirituelle. Et, je le dis sans peur d\u2019\u00eatre d\u00e9menti, c\u2019\u00e9tait le cas des O\u2019Connell Benoit, Clarence Saint Hilaire, Harry Voltaire, Dona-Hario Clermont et tant d\u2019autres encore, tous instruits par des leaders spirituels bien tremp\u00e9s intellectuellement. \u020e temps!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Entre-temps, \u00e0 Geths\u00e9man\u00e9, le temps s\u2019\u00e9coulait avec toujours le m\u00eame esprit fraternel. Au milieu des ann\u00e9es 1990, les Lucien d\u00e9m\u00e9nagent de New York Avenue et s\u2019en vont habiter \u00e0 Lefferts Avenue, toujours dans les parages de cette \u00e9glise. Seymour, sabbat apr\u00e8s sabbat, y assiste aux services d\u2019adoration. Les liens d\u2019amiti\u00e9 qui nous unissent depuis plus de cinq ans se resserrent davantage encore.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Et comme elle \u00e9tait agr\u00e9able la compagnie de Seymour! Il parlait toujours \u00e0 bon escient. Tant\u00f4t, en peu de temps, il vous racontait avec entrain des tranches oubli\u00e9es de notre histoire ou de notre petite histoire. Personne, en ma pr\u00e9sence, n\u2019a jamais racont\u00e9 avec autant de menus d\u00e9tails le lynchage du g\u00e9n\u00e9ral Charles Oscar Etienne et celui du pr\u00e9sident Vilbrun Guillaume Sam, le 28 juillet 1915. D\u2019ailleurs, ce fut son grand-p\u00e8re \u2013 le g\u00e9n\u00e9ral Edmond Sylvestre Polynice \u2013 qui s\u2019\u00e9tait rendu en personne \u00e0 la L\u00e9gation de la R\u00e9publique dominicaine, situ\u00e9e alors au haut de Lalue, pour y enlever et livrer \u00e0 la foule Charles Oscar. Rappelons que, la veille, ce dernier avait fait massacrer pr\u00e8s de deux cents prisonniers politiques, dont trois fils de Polynice p\u00e8re \u2013 Sylvestre, Maurice et Ren\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Non seulement, Seymour excellait dans la narration, il avait aussi la blague facile. \u00c0 peine avait-il fini ses expos\u00e9s historiques qu\u2019il se mettait \u00e0 raconter des blagues, toutes de bon go\u00fbt et d\u00e9nu\u00e9es de grivoiserie. Si Moli\u00e8re recommandait de \u00abcorriger les m\u0153urs par le rire\u00bb, lui, para\u00eet-il, comme jadis Th\u00e9odore \u00abLanguichatte\u00bb Beaubrun ou Th\u00e9ophile \u00abZo\u00bb Salnave, avait toujours voulu \u00abenrichir les esprits par le rire\u00bb. Je dois avouer que, gr\u00e2ce \u00e0 sa verve amusante, j\u2019ai appris bien des aspects de la vie et de la politique de Florvil Hyppolite, de Faustin Soulouque, d\u2019Antoine Simon et d\u2019autres anciens chefs d\u2019\u00c9tat ha\u00eftiens que certains, par manque de recherches, ont \u2015 souvent \u00e0 tort \u2015 transform\u00e9 en ris\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Au fil du temps, notre relation s\u2019intensifie autour d\u2019un esprit encore plus fraternel. J\u2019avais de plus en plus confiance en lui et me sentais de plus en plus \u00e0 l\u2019aise de lui parler de nombreux points de ma vie. L\u2019homme \u00e9tait pour moi comme un p\u00e8re, un confident, un pasteur. De tr\u00e8s souvent, il m\u2019arrivait de l\u2019accompagner \u00e0 certains de ses rendez-vous m\u00e9dicaux et \u00e0 d\u2019autres. Alors, tel un vrai p\u00e8re, il profitait de ces occasions pour me donner des conseils judicieux et salutaires qui, plus tard, me permettront d\u2019\u00e9viter bien des obstacles. C\u2019est le propre d\u2019un devancier et surtout d\u2019un vrai chr\u00e9tien!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Toutefois, rien n\u2019est \u00e9ternel ici- bas! En effet, vers la fin des ann\u00e9es 1990, Seymour d\u00e9cidait de quitter New York pour aller s\u2019\u00e9tablir dans le Massachusetts. Malheureusement, nos rapports de jadis n\u2019allaient pas survivre \u00e0 la distance. Si en de tr\u00e8s rares occasions, nous nous parlions au t\u00e9l\u00e9phone, toutefois, c\u2019est par l\u2019entremise de Christine que ses nouvelles me parvenaient de temps en temps.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Je fus donc sid\u00e9r\u00e9 au possible quand, ce matin, j\u2019ai lu via WhatsApp le message laconique de Chris- tine m\u2019apprenant: \u00abMy dad died, Tilou. We\u2019ll talk later\u00bb. Franchement, \u00e0 ce moment, seul une bonne tasse de th\u00e9 de verveine ti\u00e8de et une cuill\u00e8re de sirop de canne-\u00e0-sucre auraient pu apaiser mon saisissement. Et je n\u2019ai aucun doute que tous ceux qui le connaissaient et qui appr\u00e9ciaient son entregent ont eu la m\u00eame impression.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Seymour laisse le souvenir d\u2019un p\u00e8re de famille laborieux. Durant toute son existence, il a accept\u00e9 \u00e0 se multiplier pour subvenir honn\u00eatement aux besoins de sa prog\u00e9niture. En Ha\u00efti, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950, \u00e0 peine dans la vingtaine, on l\u2019a vu pendant longtemps conducteur de train \u00e0 la HASCO. Arriv\u00e9 aux \u00c9tats Unis en 1974, m\u00eame expos\u00e9 aux plus am\u00e8res d\u00e9ceptions r\u00e9serv\u00e9es aux immigrants du Tiers-Monde, il a cumul\u00e9 les petits boulots, piochant durement pour assurer le bien-\u00eatre mat\u00e9riel de presque tous les membres sa famille rest\u00e9s au pays. Cet homme g\u00e9n\u00e9reux avait donc fi\u00e8rement fait sienne l\u2019expression \u00abM\u00e9tro, boulot, dodo \u00bb du po\u00e8te et fabuliste fran\u00e7ais Pierre B\u00e9arn. Celui-ci l\u2019avait invent\u00e9e en 1968 pour peindre la vie quotidienne \u00e0 Paris.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Je compatis \u00e0 la douleur de tous ses amis et de tous les membres de la famille, en particulier \u00e0 celle de sa bien-aim\u00e9e s\u0153ur Violette Lucien, de sa ni\u00e8ce, mon amie de toujours Chilaine Lucien, de ses six enfants, Lwiss, dit Loulou, David, Seymour, Barachi, Matilde et, last but not least, de mon ind\u00e9fectible amie, ma petite s\u0153ur de toujours Marie Christine Lucien Valmyr, femme du dynamique pasteur Yoner Valmyr.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">La t\u00eate haute, notre bon vieux Seymour, a dit adieu au train-train de la vie le 8 avril en cours, aux environs de 2 heures du matin \u00e0 Newton-Wellesley Hospital, situ\u00e9 \u00e0 Newton, dans le Massachusetts. Il avait 85 ans et 11 mois.<\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: left;\">\n<li><span style=\"color: #000000;\">Comme il a longuement voyag\u00e9, notre cher Seymour! On dirait que je l\u2019entends nous d\u00e9clamer cet extrait du po\u00e8me combien significatif \u00abLe train de la vie\u00bb de Jean D\u2019Ormesson :<\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00abDonc vivons heureux, aimons et pardonnons !<\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #000000;\">Il est important de le faire, car lorsque nous descendrons du train,<\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #000000;\">nous devrions ne laisser que des beaux souvenirs \u00e0 ceux qui continuent leur voyage\u2026<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique\u00bb. Requiescat in pace, Seymour ! Louis Carl Saint Jean louiscarlsj@yahoo.com 10 avril 2020<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">cet article est publi\u00e9 par l&rsquo;hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur, <strong>VOL. L No.14<\/strong>\u00a0<em>New-York<\/em>, \u00e9dition du 15avril 2020 et se trouve en <strong>P.14<\/strong> \u00e0 : <a style=\"color: #000000;\" href=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/H-O-15-april-2020-1.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/H-O-15-april-2020-1.pdf<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>REQUIESCAT IN PACE Par Louis Carl Saint Jean Jean Louis Joseph Seymour Lucien-Polynice Jean Louis Joseph Seymour Lucien Polynice n\u2019est plus! Quelle indicible peine ! 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