{"id":5709,"date":"2020-08-05T19:09:12","date_gmt":"2020-08-05T23:09:12","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=5709"},"modified":"2020-08-05T19:09:12","modified_gmt":"2020-08-05T23:09:12","slug":"le-gouvernement-dhenri-christophe-par-charles-dupuy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=5709","title":{"rendered":"Le gouvernement d\u2019Henri Christophe par Charles Dupuy"},"content":{"rendered":"<p><strong>LE COIN DE L\u2019HISTOIRE<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le gouvernement d\u2019Henri Christophe <\/strong><em>par Charles Dupuy<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Tous les observateurs, tous les historiens qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 l\u2019administration de Christophe sont unanimes \u00e0 reconna\u00eetre la prosp\u00e9rit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale de son r\u00e9gime. Tous les visiteurs \u00e9trangers qui ont parcouru le royaume, Lord Popham, Hill, Mackensie ou White, ont attest\u00e9 de son opulence. En quatorze ans de pouvoir, Christophe aura d\u00e9montr\u00e9 ses \u00e9tonnantes capacit\u00e9s administratives et conduit le pays qu\u2019il dirigeait \u00e0 un niveau de prosp\u00e9rit\u00e9 tel que la suite de l\u2019histoire ha\u00eftienne n\u2019en offrira plus d\u2019exemple.<\/p>\n<p>La grande r\u00e9ussite de Christophe, la base de ses succ\u00e8s \u00e9conomiques, fut sans doute d\u2019avoir mis en place une structure de production au sein de laquelle les \u00e9lites politiques assuraient l\u2019encadrement des masses paysannes. C\u2019est ce que les historiens appelleront l\u2019\u00abordre christophien\u00bb. Une rigoureuse discipline soutenait cette hi\u00e9rarchie sociale o\u00f9 chacun, des plus grands aux plus petits, devait se soumettre \u00e0 la loi, suivre la ligne de conduite qui lui \u00e9tait assign\u00e9e. Habit\u00e9 par l\u2019obsession de la prosp\u00e9rit\u00e9 et de la performance, Christophe se sera abondamment inspir\u00e9 de la politique agraire de Toussaint Louverture dont il fut l\u2019un des g\u00e9n\u00e9raux-planteurs. Il constitua en aristocratie terrienne tous ses hauts dignitaires et proches collaborateurs politiques. Comme ces grands propri\u00e9taires ne recevaient aucune r\u00e9mun\u00e9ration de l\u2019\u00c9tat, c\u2019est donc de la terre, de l\u2019ancienne habitation coloniale dont ils venaient d\u2019h\u00e9riter en quelque sorte qu\u2019ils devaient tirer la totalit\u00e9 de leurs revenus. Le Code rural du Royaume leur fait d\u2019ailleurs explicitement l\u2019obligation de mettre en valeur la terre conc\u00e9d\u00e9e dont le quart des profits bruts \u00e9tait vers\u00e9 en imp\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Toute la fortune du pays reposait sur son agriculture. Celle-ci \u00e9tait partout dans un \u00e9tat florissant et Christophe lui consacrait tout son temps et toute sa force de travail.<\/p>\n<p><strong>Mesures de protection des cultivateurs et des domaines<\/strong><\/p>\n<p>Si le Code rural contraint le cultivateur \u00e0 travailler entre 9 \u00e0 10 heures par jour, dimanche et jours de f\u00eate except\u00e9s, il pr\u00e9voit aussi des mesures qui le mettent \u00e0 l\u2019abri de l\u2019exploitation syst\u00e9matique du propri\u00e9taire terrien. Il peut porter plainte des abus devant les tribunaux. Il re\u00e7oit les meilleurs soins de sant\u00e9 en cas de maladie et, survenant son d\u00e9c\u00e8s, l\u2019\u00e9ducation de ses enfants mineurs est \u00e0 la charge de l\u2019employeur. Chaque habitation compte un dispensaire-h\u00f4pital lequel est r\u00e9guli\u00e8rement inspect\u00e9 par les fonctionnaires et les propri\u00e9taires coupables de n\u00e9gligence sont durement sanctionn\u00e9s par la loi.<\/p>\n<p>Redoutant d\u2019\u00e9ventuelles tensions sociales apr\u00e8s la distribution des biens domaniaux effectu\u00e9e par P\u00e9tion dans l\u2019Ouest et le Sud, en 1812, Christophe r\u00e9solut de faire d\u2019importantes concessions fonci\u00e8res en c\u00e9dant des propri\u00e9t\u00e9s du domaine public \u00e0 des acqu\u00e9reurs auxquels la couronne accorda de grandes facilit\u00e9s de paiement. Plus de trois cents citoyens de toutes conditions firent l\u2019acquisition de ces terres de l\u2019\u00c9tat. Pour s\u2019acquitter de leur dette, ils remirent le quart des revenus annuels de leurs plantations jusqu\u2019au complet amortissement de la cr\u00e9ance. Un quart des b\u00e9n\u00e9fices allait \u00e0 l\u2019\u00c9tat et un autre aux cultivateurs.<\/p>\n<p>Trois mois apr\u00e8s la vente de ces exploitations, elles avaient toutes \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9es. Les anciennes sucreries, les manufactures, les plantations sucri\u00e8res, caf\u00e9i\u00e8res, cacaoy\u00e8res ou cotonni\u00e8res produisaient \u00e0 plein rendement, entra\u00eenant une extraordinaire expansion du monde rural. \u00c0 entendre Madiou, la prosp\u00e9rit\u00e9 agricole \u00e9tait alors parvenue \u00e0 son comble. (Vol. V, p.432) Dans Le paysan ha\u00eftien, Paul Moral soutient qu\u2019\u00e0 la toute fin de son r\u00e8gne, Christophe regroupa les agriculteurs dans des ateliers \u00e9tablis sur des terres relevant du domaine public. Ces colonies agricoles \u00e9taient un d\u00e9but de r\u00e9ponse \u00e0 la br\u00fblante question agraire opposant la culture des vivres \u00e0 celle des denr\u00e9es commerciales. Il en d\u00e9coula le r\u00e9gime des \u00abdeux-moiti\u00e9s\u00bb, (r\u00e9coltes partag\u00e9es entre propri\u00e9taires et m\u00e9tayers) qui, au fil des ann\u00e9es, s\u2019imposera comme m\u00e9thode d\u2019exploitation des grandes propri\u00e9t\u00e9s en Ha\u00efti.<\/p>\n<p>Le commerce, l\u2019industrie agricole, les m\u00e9tiers \u00e9taient forts en honneur dans le royaume. Chef d\u2019\u00c9tat vigilant, appliqu\u00e9, laborieux, Christophe \u00e9tait aussi commer\u00e7ant et industriel. Fabricant de sucre et distillateur, il poss\u00e9dait \u00e0 Sans-Souci une des plus belles rhumeries du pays, il stockait son sucre, son caf\u00e9 et autres denr\u00e9es qu\u2019il vendait aux agents des maisons anglaises ou am\u00e9ricaines. Personne avant lui ne pouvait ni n\u00e9gocier, ni non plus arr\u00eater un prix de vente. (V. Leconte, Henri Christophe dans l\u2019Histoire d\u2019Ha\u00efti, 2004, p.452)<\/p>\n<p>Dans ses M\u00e9moires, le baron de Vastey, l\u2019un des plus fid\u00e8les auxiliaires politiques de Christophe, rapporte que durant l\u2019ann\u00e9e 1817, pas moins de 150 navires de commerce \u00e9trangers sont entr\u00e9s dans la rade du Cap-Henry. Du 1er avril au 6 juin 1815, toujours dans le seul port du Cap, nous dit Madiou, \u00abVingt-six b\u00e2timents avaient \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9s, exportant dix millions de sucre et autant de caf\u00e9 et de coton, et au 6 juin, il y en avait sept en chargement ou en partance. D\u00e8s les mois de juillet, ao\u00fbt, septembre et octobre, il y en eut cinquante d\u2019exp\u00e9di\u00e9s du m\u00eame port, et en deux mois, trois millions de sucre, caf\u00e9 et coton avaient \u00e9t\u00e9 export\u00e9s des autres ports\u00bb (vol V, p. 319). Ha\u00efti exporte du sucre et du caf\u00e9, mais aussi du cacao, du coton, du tabac, du rhum, de la m\u00e9lasse, de l\u2019indigo, de l\u2019huile de ricin et du bois de camp\u00eache. Les ventes de ces denr\u00e9es sont massives et se comptent en dizaines de milliers de livres.<\/p>\n<p>Selon Madiou toujours, le royaume exportait vingt-cinq mil lions de caf\u00e9 soit le quart de ce que, jusqu\u2019en 1789, produisait en cette denr\u00e9e toute l\u2019ancienne colonie fran\u00e7aise de Saint-Domingue. Le commerce se faisait avec les \u00c9tats-Unis, la Su\u00e8de, le Royaume-Uni, le Danemark, la Hollande, les colonies espagnoles et, indirectement, la France. Ha\u00efti importait des \u00e9toffes, du drap, de l\u2019acier, de la bijouterie, du vin et des spiritueux. L\u2019\u00c9cosse fournissait le beurre, le poisson sal\u00e9 et les articles de p\u00eache, de Su\u00e8de venaient les cylindres pour les moulins \u00e0 sucre et les coffres en fonte pour chauffer les \u00e9tuves des sucreries.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il ne soit rest\u00e9 aucune trace des archives pouvant attester de la prosp\u00e9rit\u00e9 du royaume, et en d\u00e9pit du fait que les chiffres qui nous sont parvenus ne sont que fragmentaires, les signes de richesse de l\u2019\u00c9tat n\u2019en restent pas moins \u00e9vidents et tangibles. Christophe entretient une arm\u00e9e de vingt mille hommes qu\u2019il loge dans des casernes flambant neuves. Les navires de sa marine sont mont\u00e9s par des \u00e9quipages disciplin\u00e9s et, selon l\u2019appr\u00e9ciation des officiers anglais, n\u2019auraient pas d\u00e9par\u00e9 les flottes des grandes puissances maritimes de l\u2019\u00e9poque. Cette marine prot\u00e9geait la navigation amie pr\u00e8s des c\u00f4tes ha\u00eftiennes et la d\u00e9fendait de la piraterie alors g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans la mer des Antilles. Le commerce devint florissant dans les grands centres, o\u00f9 des Fran\u00e7ais, des Allemands, des Am\u00e9ricains, des Anglais et des Hollandais vinrent s\u2019\u00e9tablir en qualit\u00e9 de n\u00e9gociants. \u00c0 ce propos, signalons que Christophe favorisa la naturalisation des \u00e9trangers, en particulier des Noirs am\u00e9ricains dont un certain nombre \u00e9migra dans le pays o\u00f9 ils re\u00e7urent le meilleur accueil.<\/p>\n<p><strong>Le Royaume, une v\u00e9ritable industrie<\/strong><\/p>\n<p>Christophe jette les bases d\u2019une v\u00e9ritable industrie en cr\u00e9ant une verrerie, une filature qui produit une cotonnade d\u2019assez bonne qualit\u00e9 pour confectionner les uni formes militaires, une fonderie qui fournit les armes et les munitions de l\u2019arm\u00e9e et une fabrique qui approvisionne les soldats en poudre. Cette arm\u00e9e \u00e9tait tr\u00e8s bien \u00e9quip\u00e9e et entra\u00een\u00e9e par des instructeurs \u00e9trangers, des officiers prussiens qui, de plus, dirigeaient la fonderie de boulets et de canons. Christophe ouvre 16 \u00e9coles publiques, des \u00e9coles de m\u00e9tier, une Acad\u00e9mie royale o\u00f9 l\u2019on enseignait la m\u00e9decine, l\u2019hygi\u00e8ne et la chirurgie, fonde une Acad\u00e9mie royale de musique, un Coll\u00e8ge de jeunes filles, une \u00e9cole de dessin et de peinture, des corps de musique militaire, un ensemble philharmonique.<\/p>\n<p>Les voyageurs anglais qui ont visit\u00e9 les \u00e9coles du royaume ne tariront pas d\u2019\u00e9loge sur la discipline des \u00e9l\u00e8ves et la bonne tenue g\u00e9n\u00e9rale de ces \u00e9tablissements. Christophe attira dans son royaume une demi-douzaine d\u2019instituteurs anglais des \u00e9coles lancastriennes et leur procura tout ce qu\u2019ils pouvaient r\u00e9clamer pour la commodit\u00e9 de leur mission, la construction de leurs b\u00e2timents scolaires ou l\u2019acquisition du ma t\u00e9 riel p\u00e9dagogique. L\u2019anglais \u00e9tait l\u2019instrument intellectuel de ces maisons d\u2019enseignement dont le dernier, selon Leconte, resta en fonction sous la pr\u00e9sidence de Boyer. Le pr\u00e9sident Nord Alexis aura \u00e9t\u00e9 le plus illustre de ces \u00e9l\u00e8ves form\u00e9s selon la m\u00e9thode lancastrienne.<\/p>\n<p>L\u2019Almanach Royal de 1817 publie la liste des palais et ch\u00e2teaux du roi. On y d\u00e9nombre neuf palais, ceux du Cap-Henry, de Sans-Souci, de Fort-Royal, du Limb\u00e9, du M\u00f4le, de Dessalines, de Saint-Marc, de Port-de-Paix et des Gona\u00efves. Les ch\u00e2teaux sont au nombre de quinze, D\u00e9lices de-la-Reine, Tenez-y, l\u2019\u00c9tang, Grand Pont, Mettez-y, Prot\u00e8ge, l\u2019Interm\u00e9diaire, La Vigie, La Gloire, Bellevue-le-Roi, la R\u00e9serve, la Conqu\u00eate, la Victoire, Cons tance et Bonne Fortune. Ces r\u00e9sidences \u00e9taient distribu\u00e9es un peu partout sur le territoire, on en retrouvait \u00e0 Jean-Rabel, \u00e0 la Petite-Rivi\u00e8re-de-l\u2019Artibonite et son magnifique palais aux 365 portes. Sans \u00eatre vraiment des ch\u00e2teaux comme ils en portaient pompeusement le titre, il s\u2019agissait plut\u00f4t d\u2019\u00e9l\u00e9gants pavillons de chasse o\u00f9 tout rayonnait de luxe, de somptuosit\u00e9 et de magnificence.<\/p>\n<p>Christophe accorda une attention particuli\u00e8re \u00e0 la protection des eaux et for\u00eats, \u00e0 l\u2019irrigation des terres, au dess\u00e8chement des marais, \u00e0 la construction des ponts et chauss\u00e9es, \u00e0 l\u2019entretien des routes publiques. De ses imprimeries royales sortaient les d\u00e9crets officiels, mais aussi les premiers livres et les premiers journaux ha\u00eftiens. Un observatoire scientifique recueillait les donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques sur tout le territoire de ce royaume o\u00f9 les \u00e9difices \u00e9taient rutilants de propret\u00e9, les rues pav\u00e9es avec soin, les lampadaires nombreux et les places publiques m\u00e9ticuleusement entretenues. Selon R\u00e9my Zamor, le voyageur, qui perdait un objet sur une route du royaume, \u00e9tait assur\u00e9 de le retrouver, 48 heures plus tard, au poste de police le plus proche (Histoire d\u2019Ha\u00efti de 1804 \u00e0 1884, p.83). Pendant que la r\u00e9publique de l\u2019Ouest vivotait dans le marasme \u00e9conomique et financier, sautait d\u2019une crise mon\u00e9taire \u00e0 l\u2019autre, les finances de Christophe affichaient une solidit\u00e9 sans faille, sa monnaie \u00e9tait en or et frapp\u00e9e \u00e0 son effigie. Le royaume regorgeait de telles richesses que Christophe entra en s\u00e9rieux pourparlers avec la couronne d\u2019Espagne afin d\u2019acheter la partie orientale de l\u2019\u00eele, la future R\u00e9publique dominicaine, dont la province de Laxavon se trouvait d\u00e9j\u00e0 sous sa domination. Entrepos\u00e9 dans des vo\u00fbtes secr\u00e8tes et plac\u00e9 sous la surveillance d\u2019une garde vigilante, le tr\u00e9sor du royaume \u00e9tait, comme on l\u2019imagine, colossal. C\u2019est cette fortune que Boyer allait joyeusement dilapider apr\u00e8s que les fonctionnaires de la R\u00e9publique l\u2019eurent, un matin, emport\u00e9 de la citadelle. Une citadelle qui \u00e9tonne encore par ses dimensions titanesques et inscrites par l\u2019UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>S\u2019il faut en croire le colonel Vincent qui l\u2019a bien connu au Cap-Fran\u00e7ais et aussi Pamphile de Lacroix, dont il a \u00e9t\u00e9 le collaborateur, Christophe \u00e9tait un homme instruit, de belle prestance et de bonnes mani\u00e8res. Contrairement \u00e0 la plupart des officiers-g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019arm\u00e9e coloniale, il savait lire en plus de s\u2019exprimer dans un excellent fran\u00e7ais. Cela suffirait-il pour expliquer ses succ\u00e8s d\u2019homme d\u2019\u00c9tat? Faut-il y voir plut\u00f4t le beau r\u00e9sultat de sa cruaut\u00e9 que l\u2019on disait implacable? Certainement pas. Pour entra\u00eener tout un peuple dans les voies de la civilisation, vers le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et le progr\u00e8s social, il fallait bien plus que le fouet et la matraque, il fallait de l\u2019\u00e9nergie cr\u00e9atrice, une m\u00e9thode efficace, un talent administratif exceptionnel, il fallait du g\u00e9nie. CD. coindelhistoire@gmail.com (514) 862- 7185<\/p>\n<hr \/>\n<p>Cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur-New York, \u00e9dition du 5 ao\u00fbt 2020, <strong>VOL. L<\/strong> <strong>No. 30<\/strong> et se trouve en <strong>P.3<\/strong>\u00a0: <a href=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/h-o-5-aout-2020-1.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/h-o-5-aout-2020-1.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE COIN DE L\u2019HISTOIRE Le gouvernement d\u2019Henri Christophe par Charles Dupuy Tous les observateurs, tous les historiens qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 l\u2019administration de Christophe sont unanimes \u00e0 reconna\u00eetre la prosp\u00e9rit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale de son r\u00e9gime. 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