{"id":5988,"date":"2020-09-16T18:15:41","date_gmt":"2020-09-16T22:15:41","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=5988"},"modified":"2020-09-16T18:15:41","modified_gmt":"2020-09-16T22:15:41","slug":"la-mort-de-christophe-et-la-chute-du-royaume-par-charles-dupuy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=5988","title":{"rendered":"La mort de Christophe et la chute du Royaume par Charles Dupuy"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>La mort de Christophe et la chute du Royaume<\/strong> <em>par Charles Dupuy<\/em><\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: left;\">\n<li><span style=\"color: #000000;\"><strong>LE COIN DE L\u2019HISTOIRE<\/strong><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le 15 ao\u00fbt 1820, le roi d\u2019Ha\u00efti arrivait devant l\u2019\u00e9glise de Limonade o\u00f9 il fut salu\u00e9 par la musique militaire, le carillonnement des cloches et les vivats de la foule. Le p\u00e8re Jean de Dieu Gonzal\u00e8s, l\u2019aum\u00f4nier de la reine, vint accueillir le roi qu\u2019il invita \u00e0 entrer pour assister \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration du culte. Leurs majest\u00e9s s\u2019install\u00e8rent dans le ch\u0153ur avec les princesses et l\u2019imposante suite royale. C\u2019est dans cette petite \u00e9glise que le roi allait tomber, tragiquement terrass\u00e9 par la maladie. Les \u00e9tonnantes circonstances de la chute de Christophe font partie du tr\u00e9sor de traditions orales recueillies, conserv\u00e9es et transmises au fil des g\u00e9n\u00e9rations. Voici d\u2019ailleurs l\u2019anecdote, telle que magistralement rapport\u00e9e par Mgr Hillion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab Le roi Christophe avait l\u2019habitude d\u2019assister \u00e0 la messe au Cap, le jour de l\u2019Assomption de la Ste Vierge, patronne de la paroisse. En 1820, l\u2019id\u00e9e lui vint d\u2019aller passer cette f\u00eate \u00e0 Limonade. La reine et les officiers de la cour cherch\u00e8rent, mais inutilement, \u00e0 le faire changer ce projet qui privait de la messe toute la population du Cap. Il r\u00e9pondit \u00e0 toutes ces observations qui lui furent faites que si Madame la Vierge voulait \u00eatre f\u00eat\u00e9e cette ann\u00e9e, elle se donnerait la peine de le suivre \u00e0 Limonade. [\u2026] Le P. Jean de Dieu commen\u00e7a la messe, mais apr\u00e8s la r\u00e9citation du psaume Judica me, il p\u00e2lit, para\u00eet en proie \u00e0 une terreur profonde et h\u00e9site \u00e0 monter \u00e0 l\u2019autel. On dit que ce qui l\u2019effraya, ce fut l\u2019apparition soudaine du fant\u00f4me du P. Corneille Brelle que le roi avait fait mourir dans les cachots (*). Exasp\u00e9r\u00e9 par les h\u00e9sitations du P. Jean de Dieu, Christophe s\u2019\u00e9cria : \u00ab Oh ! Diable, canaille, qu\u2019est-ce que c\u2019est ? \u00bb. Cette expression lui \u00e9tait, dit-on, famili\u00e8re. Puis prenant sa canne, il voulut se lever, mais il fut aussit\u00f4t frapp\u00e9 d\u2019apoplexie et tomba sur le c\u00f4t\u00e9 gauche\u00bb. (Mgr. J. M. Jan, Monographie des paroisses religieuses du Cap-Ha\u00eftien, 1950, p.61).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Rapidement transport\u00e9 par les officiers de sa garde sur le perron de l\u2019\u00e9glise, Christophe re\u00e7ut les premiers soins, que s\u2019empressa de lui procurer son m\u00e9decin personnel, le Dr Stewart, qui sugg\u00e9ra de transporter le malade sur l\u2019habitation Bellevue-par-le-Roi (Parroi). Le cocher du roi fit alors rembourrer les roues du carrosse pour \u00e9viter les bruits et les cahots de la route que l\u2019on avait aussi pens\u00e9 d\u00e9barrasser de ses pierres. Une tradition rapporte que, sous le coup de la consternation, les habitants de Limonade, redoutant que le moindre bruit provenant de leur basse-cour puisse \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme un signe de r\u00e9jouissance, cach\u00e8rent leurs coqs et leurs poules sous des paniers afin d\u2019emp\u00eacher leurs chants et leur caquetage; b\u00e2illonn\u00e8rent leurs chevaux pour qu\u2019ils ne hennissent point; et leurs \u00e2nes pour les emp\u00eacher de braire. Quoi qu\u2019il en soit, apr\u00e8s un mois de traitement et de repos, le roi put regagner son ch\u00e2teau de Sans-Souci.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le 1er octobre, le 8e r\u00e9giment de Saint-Marc levait l\u2019\u00e9tendard de la r\u00e9volte. C\u2019\u00e9tait pour venger le colonel Paulin incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la Citadelle pour insubordination envers son chef et irr\u00e9v\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard du roi. Le ministre de la Guerre, le g\u00e9n\u00e9ral Romain, et le g\u00e9n\u00e9ral Guerrier, comte de Mirebalais, assi\u00e9g\u00e8rent la ville et l\u2019auraient m\u00eame reprise aux mains des rebelles si la nouvelle de l\u2019insurrection n\u2019avait d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9 la capitale. L\u00e0, le chef de la conspiration, Jean-Pierre Richard, duc de Marmelade, poussa ses chevau-l\u00e9gers \u00e0 entrer en r\u00e9volte contre le gouvernement. Tous les d\u00e9p\u00f4ts et magasins d\u2019approvisionnement de l\u2019\u00c9tat furent saccag\u00e9s par les insurg\u00e9s, tandis que, dans la plaine, on mettait le feu aux plantations du roi. Apprenant que le Cap se r\u00e9voltait, Romain et Guerrier, qui n\u2019\u00e9taient d\u2019ailleurs pas tout \u00e0 fait \u00e9trangers \u00e0 la conjuration, abandonn\u00e8rent le si\u00e8ge de Saint-Marc pour rejoindre Richard. Ce dernier, qui redoutait d\u2019\u00eatre surpris dans la capitale par des troupes fid\u00e8les au roi, avait \u00e9tabli son camp fortifi\u00e9 dans le quartier du Haut-du-Cap.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">On a toujours pr\u00e9tendu que Christophe se fit frictionner le corps d\u2019une mixture \u00e0 base de rhum et de piment \u00ab afin de se remonter et se donner la force voulue pour aller, disait-il, montrer son panache au Haut-du-Cap et d\u2019en disperser les insurg\u00e9s. L\u2019effet momentan\u00e9 de la friction le trompa au point qu\u2019il se crut capable de monter \u00e0 cheval, mais ses efforts furent vains. Il r\u00e9int\u00e9gra ses appartements apr\u00e8s cet essai \u00bb. (Vergniaud Leconte, Henri Christophe dans l\u2019Histoire d\u2019Ha\u00efti, p.424) Toujours est-il qu\u2019\u00e0 Sans-Souci, dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 8 octobre, le roi fit sortir sa garde forte de mille hommes qu\u2019il pla\u00e7a sous le commandement de Joachim Deschamps, duc de Fort-Royal, du prince Victor Henri et de Jean-Baptiste Rich\u00e9. H\u00e9las, d\u00e8s que les troupes furent hors de vue du palais, elles se mirent \u00e0 tirer en l\u2019air et \u00e0 faire entendre une batterie non r\u00e9glementaire. La garde se d\u00e9bandait. Christophe assistait \u00e0 l\u2019effondrement de son pouvoir. Les soldats de sa garde faisaient d\u00e9fection et s\u2019empressaient d\u2019aller retrouver les insurg\u00e9s au cri de : \u00ab Vive le g\u00e9n\u00e9ral Richard ! \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab De quelque fa\u00e7on que cette nouvelle lui parv\u00eent, Christophe s\u2019y attendait, nous dit Leconte. Il fit prier la reine et les deux princesses de passer dans sa chambre, il leur exprima les v\u0153ux les plus ardents de son c\u0153ur en les exhortant au courage et \u00e0 la r\u00e9signation. [\u2026] Un instant apr\u00e8s, une d\u00e9tonation se faisait entendre dans la pi\u00e8ce : Christophe, assis dans son fauteuil, venait de se donner la mort de son pistolet. La balle, selon quelques-uns, avait \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e au c\u0153ur, et selon ce qu\u2019un autre pr\u00e9tend, \u00e0 la t\u00eate, et avait fait jaillir la substance du cerveau. Il pouvait \u00eatre huit heures du soir. Pr\u00e9zeau et Dupuy n\u2019avaient pas quitt\u00e9 le palais; Christophe avait fait dire \u00e0 ce dernier : \u00ab Sauvez-vous, mon temps est fini \u00bb. Ces deux fid\u00e8les amis, joints au chevalier de S\u00e9v\u00e8re et \u00e0 d\u2019autres que l\u2019on n\u2019a pas nomm\u00e9s, entreprirent de suivre les restes du Roi \u00e0 la Citadelle o\u00f9 l\u2019on eut l\u2019heureuse id\u00e9e de les transporter [\u2026] Christophe avait 53 ans \u00bb. (p.425).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">La reine et les deux filles prirent nuitamment le chemin de la Citadelle et y arriv\u00e8rent aux environs de minuit. Le cadavre du roi avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans un hamac, que les soldats africains du Royal Dahomet, les d\u00e9vou\u00e9s filleuls de Christophe, avaient transport\u00e9 avec un pieux respect. Le baron N\u00e9r\u00e9, gouverneur de la Citadelle, proposa de monter le corps jusqu\u2019 au fa\u00eete de la batterie du Prince royal o\u00f9 on le recouvrit de chaux. Le baron B\u00e9liard coupa alors le petit doigt de la main droite du roi et le remit \u00e0 la reine. Les prisonniers politiques furent lib\u00e9r\u00e9s par le baron N\u00e9r\u00e9, et ils descendirent du fort, en m\u00eame temps que la reine Marie-Louise et les princesses. Leconte affirme \u00abqu\u2019il n\u2019y eut aucun autre incident \u00e0 la Citadelle cette nuit-l\u00e0, comme on a entendu en faire le tableau\u00bb. (p.427). Le tableau au quel fait allusion Leconte est celui trac\u00e9 par Beaubrun Ardouin qui sugg\u00e8re qu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la d\u00e9pouille du roi \u00e0 la Citadelle, les hommes de la garnison, les prisonniers, les ouvriers et les cultivateurs t\u00e9moins des r\u00e9voltantes atrocit\u00e9s commises par le souverain, voulurent pr\u00e9cipiter son cadavre du haut de la forteresse dans la ravine de Grand-Boucan o\u00f9 tant d\u2019infortun\u00e9s auraient p\u00e9ris, dont un fr\u00e8re du pr\u00e9sident Boyer. La reine, toujours selon Ardouin, ne se serait enfuie que gr\u00e2ce \u00e0 la protection des quelques dignitaires encore fid\u00e8les, en butte qu\u2019elle \u00e9tait aux insultes de la foule. Leconte soutient l\u2019id\u00e9e que \u00ab Beaubrun Ardouin \u00e9tait peu fait pour nous renseigner sur certains hommes de notre histoire, parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 domin\u00e9 trop sensiblement par l\u2019esprit de son clocher et celui du parti de Rigaud. Il devient satirique d\u00e8s que Toussaint, Dessalines, Christophe et les hommes du Nord arrivent sous sa plume [\u2026] Hormis deux ou trois figures qu\u2019il a constitu\u00e9es ses idoles, il n\u2019y a eu personne pour m\u00e9riter ses \u00e9loges\u00bb. (p.211).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">La reine et les princesses furent conduites sur leur habitation de Lambert, un ancien verger colonial situ\u00e9 dans les environs du Cap. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elles rencontr\u00e8rent le pr\u00e9sident Jean-Pierre Boyer qui, pour prendre de court les g\u00e9n\u00e9raux insurg\u00e9s contre Christophe, avait pr\u00e9cipitamment travers\u00e9 le pays \u00e0 la t\u00eate de son arm\u00e9e. Avant l\u2019arriv\u00e9e des troupes r\u00e9publicaines, les princes Eu g\u00e8ne et Victor avaient \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s dans la prison du Cap, de m\u00eame que les derniers fid\u00e8les du r\u00e9gime, le baron Vastey, le baron Dessalines, No\u00ebl Joachim, Jean-Philippe Daut, Louis Achille et enfin Toussaint, le comte de Ouanaminthe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Tous les palais, tous les \u00e9difices, tous les monuments, qui pouvaient t\u00e9moigner de la grandeur et de la puissance royale, seront laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019abandon et tomberont en ruine. Sans-Souci avait \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9 et, \u00e0 la Citadelle, le Tr\u00e9sor royal n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9 par les brigands. Comme le souligne Leconte, il ne fait aucun doute que \u00ab les fonds du Tr\u00e9sor royal de la Citadelle subirent le pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019une somme qui fut partag\u00e9e entre tous les chefs de l\u2019insurrection\u00bb (p.429). D\u2019apr\u00e8s Alain Turnier, \u00abenviron 90 % des fonds du Tr\u00e9sor [\u2026] avaient \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s par les officiers et les soldats, soit pr\u00e8s de onze millions de gourdes. [\u2026] Inginac rapporte dans ses M\u00e9moires que les valeurs recouvr\u00e9es s\u2019\u00e9levaient \u00e0 environ 1,600,000 gourdes. En plus de ces fonds, le gouvernement de Boyer trouva \u00e0 la Citadelle quatorze millions de livres de caf\u00e9 et huit millions de livres de coton qui furent vendus aux commer\u00e7ants\u00bb. (A. Turnier, Quand la nation demande des comptes, p.72).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Qu\u2019en est-il vraiment ? Selon Karl Ritter, le pr\u00e9sident Boyer aurait retir\u00e9 de la Citadelle un tr\u00e9sor pouvant s\u2019\u00e9lever \u00e0 vingt millions de thalers espagnols, soit environ quinze millions de piastres. De son c\u00f4t\u00e9, Mackenzie pr\u00e9tend que le roi n\u2019a jamais eu moins de trente millions d\u2019or et d\u2019argent \u00e0 la Citadelle, que Dupuy lui aurait m\u00eame affirm\u00e9 qu\u2019il y en avait pour soixante millions. Retenons que Boyer forma une commission de v\u00e9rification, dont Guy-Joseph Bonnet fut \u00e9cart\u00e9, parce qu\u2019il entendait, dit-il, dans ses Souvenirs historiques, faire peser et encaisser l\u2019or et l\u2019argent avant de les exp\u00e9dier \u00e0 Port-au-Prince. Bonnet rapporte qu\u2019un des membres de cette fameuse commission, qui pr\u00e9tendait avoir obtenu de Boyer la permission de retirer mille gourdes du Tr\u00e9sor, s\u2019autorisa \u00e0 en pr\u00e9lever un millier de\u2026 doublons. \u00ab Tout \u00e9tait mauvais chez Christophe, ironise Leconte, sauf ses doublons ! \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s un contr\u00f4le cabalistique et douteux, la commission fit acheminer les fonds du Tr\u00e9sor royal au Cap d\u2019o\u00f9 ils furent embarqu\u00e9s sur le garde-c\u00f4tes La Mouche, \u00e0 destination de Port-au-Prince. Comme le fait judicieusement remarquer Leconte, il est \u00e9vident qu\u2019entre l\u2019estimation d\u2019Inginac, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du gouvernement de Boyer, et celle avanc\u00e9e par les autres auteurs, \u00abla diff\u00e9rence que l\u2019on peut mettre sur le compte de ce qui en fut pris par les chefs insurg\u00e9s est trop grande pour \u00eatre raisonnablement admise. Cependant, il est bon pour l\u2019honneur de la v\u00e9rit\u00e9, que l\u2019on ne s\u2019arr\u00eate pas au chiffre de 1,600,000 gourdes accus\u00e9 par la commission de Boyer comme ayant constitu\u00e9 les fonds du Tr\u00e9sor royal : Christophe n\u2019a pas eu en d\u00e9p\u00f4t moins de 15 \u00e0 30 millions de piastres \u00bb. (p.430).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00c0 la Citadelle, une tombe fut \u00e9rig\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire de Christophe, \u00e0 l\u2019initiative du pr\u00e9sident Jean-Baptiste Rich\u00e9. Quand, sous le gouvernement de Paul Magloire, ce petit monument fut d\u00e9truit pour \u00eatre remplac\u00e9 par une st\u00e8le de marbre, on le trouva compl\u00e8tement vide. Les ossements du roi avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s un \u00e0 un par des visiteurs ind\u00e9licats, qui n\u2019avaient pu r\u00e9sister \u00e0 l\u2019envie d\u2019emporter un souvenir du grand homme. C\u2019\u00e9taient les derniers pillards du royaume. (*)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Selon Vergniaud Leconte, Christophe \u00abne fit pas p\u00e9rir le p\u00e8re Corneille Brelle dans un cachot de d\u00e9tention publique. Il le laissa \u00e0 l\u2019Archev\u00each\u00e9 [rue de Bourbon et des Marmousets (20- L)], ordonna de murer d\u2019une pi\u00e8ce les portes de ses appartements et lui fit servir, chaque matin, une ration d\u2019eau et de cassave. Une huitaine de jours apr\u00e8s, le vieillard succomba, laissant \u00e0 la place o\u00f9 elles furent d\u00e9pos\u00e9es les rations journali\u00e8res qui lui \u00e9taient apport\u00e9es\u00bb. (Henri Christophe dans l\u2019Histoire d\u2019Ha\u00efti, p.407) C.D. coindelhistoire@gmail.com (514) 862-7185<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur (New York) \u00e9dition du 16 septembre 2020, <strong>VOL. L No.36<\/strong> et se trouve en <strong>P. 3<\/strong> \u00e0\u00a0: <a style=\"color: #000000;\" href=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/H-O-16-septembre-2020-1.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/H-O-16-septembre-2020-1.pdf<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mort de Christophe et la chute du Royaume par Charles Dupuy LE COIN DE L\u2019HISTOIRE Le 15 ao\u00fbt 1820, le roi d\u2019Ha\u00efti arrivait devant l\u2019\u00e9glise de Limonade o\u00f9 il fut salu\u00e9 par la musique militaire, le carillonnement des cloches&#8230; <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5815,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55,25],"tags":[431,452,650,1495,1636,1894,3118],"class_list":["post-5988","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cdupuy","category-haiti","tag-bonnet","tag-boyer","tag-christophe","tag-haiti-observateur","tag-inginac","tag-leconte","tag-tresor"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5988","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5988"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5988\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5988"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5988"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5988"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}