{"id":873,"date":"2017-08-17T19:24:10","date_gmt":"2017-08-17T23:24:10","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=873"},"modified":"2017-08-17T19:24:10","modified_gmt":"2017-08-17T23:24:10","slug":"les-groupes-musicaux-haitiens-pourront-ils-survivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=873","title":{"rendered":"LES GROUPES MUSICAUX HA\u00cfTIENS POURRONT- ILS SURVIVRE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><strong>SANS LES BALS EN FIN DE SEMAINE ? <\/strong><em>Par Robert no\u00ebl<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le pass\u00e9 a toujours servi de r\u00e9f\u00e9rence pour \u00e9valuer le pr\u00e9sent, et cela dans tous les domaines. Les ensembles Nemours Jean-Baptiste et W\u00e9bert Sicot offraient diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s de divertissements aux gens qui ont v\u00e9cu leur p\u00e9riode. Ils pr\u00e9sentaient des kermesses \u00e0 Cabane Choucoune, \u00e0 P\u00e9tion-Ville, dans diff\u00e9rentes \u00e9coles de la capitale ou \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Beau Rivage, au Boulevard Harry Truman (au Bicentenaire), tout pr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole des Fr\u00e8res du Sacr\u00e9-C\u0153ur, \u00e0 Port-au-Prince. Cette zone est aujourd\u2019hui transform\u00e9e en un v\u00e9ritable ghetto de Port-au-Prince.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>[La formation musicale Lod nan dezod<\/strong>, <em>photo illustr\u00e9e<\/em><strong>]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans les ann\u00e9es 60-70, le salaire des musiciens paraissait peu, mais la vie n\u2019\u00e9tait pas aussi ch\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Quand Port-au-Prince et New York bougeaient au rythme de la musique populaire ha\u00eftienne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tous les samedis soirs, l\u2019Ensemble Nemours Jean-Baptiste jouait toujours en lev\u00e9e de rideau, avant la projection d\u2019un film au Rex Th\u00e9\u00e2tre, un patrimoine culturel qui a v\u00e9cu. Aujourd\u2019hui, il sert d\u2019abri aux rats et aux oiseaux fous, au Champ-de-Mars. L\u2019Ensemble Nemours Jean-Baptiste ne ratait jamais son rendez-vous de kermesse traditionnelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole Fr\u00e8re Polycarpe, situ\u00e9e \u00e0 la Rue Mgr Guilloux, pr\u00e8s du stade Sylvio Cator, pas trop loin des studios de photos Denis. C\u2019\u00e9tait le temps de Carlo Glaudin et d\u2019Arthur Lovelace comme chanteurs de Nemours Jean-Baptiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">W\u00e9bert Sicot honorait un contrat \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Beau Rivage chaque dimanche, du temps d\u2019Andr\u00e9 Dorismond et de G\u00e9rard Th\u00e9zan comme chanteurs principaux. La station de radio MBC diffusait en direct les prestations hebdomadaires de cet orchestre. C\u2019\u00e9tait le temps o\u00f9 Rapha\u00ebl Daniel commandait la section de divertissement comme op\u00e9rateur \u00e0 cette station. On dirait qu\u2019il n\u2019existait aucun secret pour lui dans le domaine de la radiodiffusion. Il utilisait la bande sonore \u00ab <em>reel to reel <\/em>\u00bb qu\u2019il a encore dans ses archives. On ne peut oublier Djo Solon, cet homme de grande taille qui ressemblait \u00e0 un joueur de basket. Sa voix paraissait proportionnelle \u00e0 sa corpulence.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Un peu plus tard, on a eu le \u00ab Tandem des Krak \u00bb, au Cin\u00e9 Capitol, \u00e0 la Rue Lamarre, pr\u00e8s du Petit S\u00e9minaire Coll\u00e8ge Saint Martial, \u00e0 Port-au-Prince. Au Club La Fr\u00e9gate, \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019\u00e9cole des Fr\u00e8res du Sacr\u00e9-C\u0153ur, au Bicentenaire (fr\u00e8 bisantn\u00e8), le groupe \u00ab les Vikings \u00bbanimait aussi une kermesse r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<strong>La formation Disip de Gasman Couleur Pierre<\/strong>, <em>photo illustr\u00e9e<\/em><strong>]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le groupe \u00ab Les Fantaisistes de Carrefour \u00bb dominait sa zone et le Morne-\u00e0 Turf. La flotte \u00ab Les Ambassadeurs \u00bb se trouvait en kermesse tous les dimanches au Club Camaraderie, \u00e0 l\u2019Avenue des Marguerites, tout pr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole Roger Anglade, et cela tous les dimanches.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le Shupa Shupa faisait au Cin\u00e9 Eldorado, \u00e0 Place J\u00e9r\u00e9mie, ce que l\u2019Ensemble Nemours Jean-Baptiste offrait au Rex Th\u00e9\u00e2tre. La formation \u00ab Les Shleu Shleu de Dada Jacaman \u00bb donnait rendez-vous \u00e0 Cabane Choucoune tous les dimanches apr\u00e8s-midi. Les mini-camionnettes de marque Peugeot assuraient le transport Centre-ville\/P\u00e9tion-Ville vice versa. Port-au-Prince bougeait en toute s\u00e9curit\u00e9. L\u2019acc\u00e8s aux clubs \u00e9tait facile. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, cinq gourdes valaient un dollar am\u00e9ricain. La vie \u00e9tait belle, et pas ch\u00e8re. \u00d4 temps, suspends ton vol !<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Entre-temps, \u00e0 New York, l\u2019Original Shleu Shleu animait une kermesse \u00e0 Shin Shin Palace. Et du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Eastern Parkway, \u00e0 Brooklyn, la formation \u00ab Top Gyps \u00bb garantissait l\u2019ambiance dominicale. Et le Tabou Combo attirait les \u00e9tudiants des cinq arrondissements de la ville de New York, partout o\u00f9 il \u00e9tait \u00e0 l\u2019affiche.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>[Nemours Jean-Baptiste, le cr\u00e9ateur du rythme compas <\/strong><strong>direct<\/strong>, <em>photo illustr\u00e9e<\/em><strong>]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">On a eu la chance de le voir en live \u00e0 l\u2019auditorium de l\u2019\u00e9glise du Sacr\u00e9-C\u0153ur de Cambria Heights, \u00e0 Queens, New York, en 1974.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans le tard, le Club Equus d\u2019Arnold sur Church Avenue, pr\u00e8s de Flatbush Avenue, \u00e0 Brooklyn, devint le lieu de rendez-vous des jeunes \u00e9tudiants. Arnold, un \u00e9tranger, laissait le soin aux Ha\u00eftiens, membres de \u00ab Philhypotel \u00bb, d\u2019organiser des kermesses dominicales. Philhyppotel \u00e9tait compos\u00e9 des membres d\u2019une m\u00eame famille, Philippe, Hyppolite et Telson de Gros-Morne, Ha\u00efti.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Seule une nouvelle orientation pourra sauver les groupes musicaux ha\u00eftiens<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L\u2019Ensemble Nemours Jean-Baptiste et celui de Sicot ne se ressemblaient pas en structure musicale. On pouvait les identifier d\u00e8s les premi\u00e8res notes (pick up notes). Avec l\u2019arriv\u00e9e des minijazz de la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de musiciens des ann\u00e9es 90, les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 changer. Les vielles et bonnes traditions ont disparues au fil des ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Actuellement, on se trouve plong\u00e9 dans un immense oc\u00e9an, o\u00f9 chacun essaie de noyer l\u2019autre pour s\u2019\u00e9chapper au plus vite et gagner les rivages. On a perdu la notion de comp\u00e9tition musicale. Tout le monde parle de pol\u00e9mique. Les groupes musicaux ne consid\u00e8rent que les bals en weekend comme source de revenu. Et, une ou deux fois l\u2019an, quelques-uns participent aux festivals traditionnels de la Floride.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Malgr\u00e9 la multiplicit\u00e9 des groupes musicaux d\u2019aujourd\u2019hui, on ne peut pas facilement les identifier. Ils se ressemblent tous et tous les chanteurs s\u2019imitent les uns les autres. On a l\u2019impression que ce sont les m\u00eames musiciens qui jouent, mais avec des chanteurs diff\u00e9rents. On ne peut pas trop bl\u00e2mer les groupes musicaux qui d\u00e9pendent uniquement des promoteurs pour survivre. Et ces hommes, qui engagent les orchestres, ne pensent qu\u2019\u00e0 organiser des soir\u00e9es dansantes et, dans la plupart des cas, ils ne pr\u00e9sentent que des doubles affiches.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il semble qu\u2019avoir un seul groupe \u00e0 l\u2019affiche ne fasse pas l\u2019affaire des promoteurs, ni des formations musicales dans un certain sens. Il faut quand m\u00eame se rappeler que les orchestres ne sont jamais perdants, leur cachet \u00e9tant garanti, peu importe l\u2019issu de la soir\u00e9e. Cependant, un nombre restreint de participants \u00e0 une soir\u00e9e peut affecter la prochaine prestation d\u2019un groupe. Les doubles affiches constituent un moyen de cacher la faiblesse d\u2019un groupe musical.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Un seul groupe \u00e0 l\u2019affiche ne\u00a0 peut plus drainer la grande foule comme avant. C\u2019est un indicateur fiable qui prouve la faiblesse et la baisse du march\u00e9 musical, tout aussi bien de la majorit\u00e9 des groupes musicaux du monde konpa. Les responsables d\u2019orchestres doivent commencer \u00e0 envisager d\u2019autres alternatives comme source de revenu. L\u2019on se demande pourquoi les promoteurs et dirigeants d\u2019orchestres n\u2019organisent pas des spectacles, des concerts et des kermesses qui ont toujours \u00e9t\u00e9 les meilleures formes d\u2019attraction de jeunes.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>L\u2019\u00e9vasion des jeunes vers d\u2019autres cultures<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">On dit que les jeunes repr\u00e9sentent l\u2019avenir du pays, de m\u00eame les groupes musicaux ne pourront pas survivre sans attirer les jeunes. \u00c0 ce niveau, on note une \u00e9vasion de ceux-ci vers d\u2019autres cultures, et qui ne veulent pas entendre parler de konpa dir\u00e8k. Les musiciens ne se rendent m\u00eame pas compte d\u2019un pareil ph\u00e9nom\u00e8ne. C\u2019est ce qui est, en grande partie, \u00e0 la base des soir\u00e9es \u00ab vacuum \u00bb. Autrement dit, une d\u00e9gradation excessive au niveau de la participation des gens aux bals en weekend.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">On note que des groupes qui, autrefois attiraient des milliers de participants, sont actuellement dans l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9unir 200 \u00e0 300 personnes dans une bo\u00eete de nuit, que ce soit \u00e0 New York, \u00e0 New Jersey, \u00e0 Bos ton, en Floride, \u00e0 Connecticut, \u00e0 Atlanta, Georgia, \u00e0 Philadelphie et m\u00eame en Ha\u00efti. Les Disc Jockeys (DJ) ont un meilleur avenir que les groupes du monde konpa dir\u00e8k.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>[Les missionnaires des Shleu Shleu<\/strong>, <em>photo illustr\u00e9e<\/em><strong>]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Donc, il y a un probl\u00e8me crucial qu\u2019il ne faut pas ignorer.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il importe de chercher \u00e0 comprendre les vraies causes de cette disparit\u00e9 entre ce que les groupes musicaux offrent au public comparativement \u00e0 la diversit\u00e9 qu\u2019assurent les DJ, que les jeunes suivent religieusement, sans se lasser.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>[Webert Sicot, maestro et cr\u00e9ateur du rythme cadence rampa<\/strong>, <em>photo illustr\u00e9e<\/em><strong>]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le r\u00e9pertoire musical des orchestres konpa est le m\u00eame \u00e0 chaque soir\u00e9e qu\u2019ils animent.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>[Tabou Combo<\/strong>, <em>photo illustr\u00e9e<\/em><strong>]<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Alors que les frais d\u2019admission ne sont pas du tout modestes. Les DJ offrent mieux et la diversit\u00e9 de leur r\u00e9pertoire d\u00e9fie l\u2019imagination. Le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab <em>ti sourit <\/em>\u00bb, en Ha\u00efti, contribue \u00e0 la d\u00e9gradation de la musique de danse populaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Du train que \u00e7a va, aucune formation musicale ne peut se permettre d\u2019attendre deux ans pour produire un nouvel album. Qui osera le faire travaillera \u00e0 sa propre destruction, m\u00eame si les disques ne se vendent plus. La production de CD devient un mal n\u00e9cessaire. L\u2019on se demande m\u00eame pourquoi les orchestres produisent des disques de 11 chansons quand seulement deux sont en rotation permanente et b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une certaine popularit\u00e9. Les groupes musicaux ne pourront pas survivre longtemps en consid\u00e9rant les bals en weekend comme seule source de revenu. Il faut que les musiciens consid\u00e8rent toutes les possibilit\u00e9s de changement susceptibles de dynamiser le konpa dir\u00e8k et de garantir la derni\u00e8re ligne de leur bilan.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"robertnoel22@yahoo.com\">robertnoel22@yahoo.com<\/a><\/p>\n<ol>\n<li style=\"text-align: left;\"><strong> 16 Ha\u00efti-observateur <em>16 &#8211; 23 ao\u00fbt 2017<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SANS LES BALS EN FIN DE SEMAINE ? Par Robert no\u00ebl Le pass\u00e9 a toujours servi de r\u00e9f\u00e9rence pour \u00e9valuer le pr\u00e9sent, et cela dans tous les domaines. 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